L’an qui vient, à Jérusalem…

Comme disait un sage, il est hasardeux de faire des prédictions, surtout concernant l’avenir. Néanmoins, si aucune des casseroles qui mijotent dans la région ne déborde, voici ce qui pourrait advenir en Israël. Ou pas.

 
Décidons, non sans optimisme, qu’en 2011, il n’y aura pas de catastrophes naturelles ni de crise économique ni d’affrontements majeurs avec le Hamas, le Hezbollah, l’Iran, les Palestiniens, la Syrie, etc.
 
Dans ces conditions, l’économie israélienne devrait continuer à être florissante selon le schéma (ultra)libéral instauré par la droite : un pays riche avec 25% de la population vivant sous le seuil de pauvreté.
 
La croissance du PIB devrait dépasser les 4,5% de 2010, le niveau de vie augmenter de 3% (2,7 l’an passé), les réserves de la banque d’Israël tourner autour des 70 milliards de dollars.
 
Le nombre de touristes devrait croître jusqu’à frôler les 4 millions de visiteurs. Grâce aux gisements découverts au large de ses côtes, Israël pourrait aussi devenir exportateur de gaz naturel. Enfin, le chômage restera probablement stable autour de 6,5%,
 
Politiquement, cela va sans doute tanguer. Les membres de la coalition actuelle se supportent de moins en moins et s’opposent de plus en plus. Sur les négociations de paix, les questions religieuses, les fonds alloués aux uns et aux autres…  
 
Les cartes pourraient donc être rebattues et le parti Kadima entrer dans le jeu. Avec, en cas de blocage, la perspective de voir anticiper les élections prévues pour 2013.
 
Du point de vue de la sécurité, fondamentale pour les Israéliens, 2011 pourrait être une moins bonne année que 2010, la meilleure depuis une décennie avec 9 Israéliens tués (16 en 2009) et aucun attentat-suicide. La tension monte du côté de Gaza et le blocage des négociations pourrait avoir des conséquences néfastes en Cisjordanie.
 
Côté relations extérieures, l’isolement d’Israël ne peut que s’aggraver : le processus de paix est moribond, l’occupation se poursuit avec son cortège de nouvelles colonies, d’expulsions et de démolitions de maisons à Jérusalem-Est.    
 
Une amélioration facile de l’image d’Israël
 
Même s’il s’agit d’un acte purement symbolique, d’autre pays devraient manifester leur désapprobation en reconnaissant l’Etat de Palestine, comme l’ont fait cinq pays d’Amérique latine en 2010 (et une centaine depuis 1988).
 
L’image d’Israël continuera donc à se dégrader. Et il est improbable que les « campagnes de ré-information » lancées par le gouvernement en direction des pays occidentaux y changent quelque chose.
 
Il serait pourtant aisé de redorer le blason d’Israël en ce domaine : il suffirait de  remplacer l’incompétent autant que brutal ministre des Affaires étrangères actuel par un vrai diplomate. Cela rendrait à Israël un minimum de capacités de manœuvre : la majorité des pays entretenant des liens avec l’Etat juif refusent même de recevoir Avigdor Lieberman.  
 
Tout cela concerne le court terme. A plus longue échéance, l’avenir de l’Etat juif  est plus sombre. Ses problèmes existentiels  (le conflit avec les Palestiniens, l’Iran, le Hezbollah…) s’apparentent à des cocotes-minutes sans soupapes. Si rien n’est fait, tôt ou tard, l’une d’elles explosera et entraînera celle des autres. Mais là, on entre dans le domaine des prophéties…
 
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