Alors que le gouvernement israélien a annoncé qu’il procèdera à l’annexion des colonies de Cisjordanie à partir du 1er juillet, le mouvement Commanders for Israel’s security (CIS) regroupant plus de 300 anciens généraux de l’armée israélienne et des responsables des forces de sécurité (police, Shin Beth et Mossad) vient de lancer une campagne visant à sensibiliser les Israéliens contre les dangers de l’annexion.
Dans une interview accordée cette semaine au Point, Matan Vilnaï, chef de file actuel du mouvement des généraux, héros de la guerre de Kippour et ancien chef d’état-major adjoint de Tsahal, qui a également servi en 2007 comme vice-ministre de la Défense sous Ehoud Barak, puis en 2009 sous Benjamin Netanyahou explique pourquoi l’annexion de la Cisjordanie est contraire aux intérêts d’Israël. Voici quelques extraits.
Quel est le but de votre campagne ?
Il s’agit d’avertir le public israélien contre le grand danger que représente l’annexion. Le Premier ministre a beau l’avoir annoncée à partir du 1er juillet, à une semaine de cette date fatidique, personne en Israël ne connaît vraiment le sens réel de ce mot. Les Commandants pour la sécurité d’Israël sont les seuls en Israël à avoir étudié toute sa signification. Je vous rappelle que nous sommes composés de 300 généraux de l’armée israélienne, de leur équivalent au sein du Mossad et de la police. Nous effectuons depuis plusieurs années des recherches sur le sujet, que nous avons compilés dans un document. Mais personne au sein du gouvernement ne l’a lu. Notre but est donc de mettre en garde le Parlement, l’exécutif, ainsi que les citoyens israéliens, y compris ceux qui se promènent dans la rue. Nous souhaitons leur dire que, si jusqu’ici il n’y avait aucun prix à payer (pour la colonisation israélienne en Cisjordanie, NDLR), ce ne sera pas le cas avec l’annexion.
Quel est, selon vous, ce prix à payer ?
L’annexion est très dangereuse pour la sécurité d’Israël. Nous entretenons jusqu’ici une coordination sécuritaire totale avec l’Autorité palestinienne afin de combattre le Hamas et le Djihad islamique (les Palestiniens ont annoncé la fin de cette coopération en cas d’annexion israélienne). Une autre pierre angulaire de notre stratégie sécuritaire est la coordination antiterroriste avec la Jordanie qui permet d’éviter des attentats à notre frontière orientale. J’étais moi-même présent aux côtés du Premier ministre Yitzhak Rabin lorsqu’il a signé les accords de paix avec le roi Hussein de Jordanie en 1994. Or, l’annexion annihilerait ces coopérations, ce qui mettrait en danger la sécurité d’Israël, ainsi que celle de l’Autorité palestinienne. Cela profiterait aux militants du Hamas qui tenteraient alors de renverser Ramallah. Ce serait une tragédie pour nous tous. En Jordanie, outre l’arrêt de la coordination sécuritaire, l’annexion placerait le roi Abdallah sous une énorme pression, d’autant que la majorité de la population jordanienne est palestinienne. Cela poserait de grands risques pour notre sécurité dans un futur proche.
Pour lire l’entretien intégral : https://www.lepoint.fr/monde/le-cri-d-alarme-des-commandants-pour-la-securite-d-israel-22-06-2020-2381176_24.php
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