A quelques semaines d’élections locales, le Labour, principal parti britannique d’opposition, était jeudi une nouvelle fois tiraillé par les divisions après avoir refusé d’exclure l’ancien maire de Londres Ken Livingstone, sanctionné pour avoir tenu des propos jugés antisémites.
Le chef adjoint du parti Tom Watson a qualifié d' »incompréhensible » la décision du comité national exécutif (NEC) du parti de ne pas exclure M. Livingstone mais de le suspendre jusqu’en avril 2018. C’est « honteux pour nous« , a-t-il ajouté.
Plus de 100 des 229 députés travaillistes ont signé une déclaration affirmant que cette décision était une trahison vis-à-vis des valeurs du parti et qu’elle n’avait pas été prise « en leur nom« . L’actuel maire travailliste de Londres, Sadiq Khan, a également appelé à l’expulsion du parti de son prédécesseur. Quant à la Première ministre conservatrice Theresa May, elle a jugé que le parti d’opposition touchait le fond.
Ces nouvelles dissensions interviennent à moins d’un mois d’élections locales et alors que le Labour est au plus bas dans les sondages.
Ken Livingstone avait été suspendu du Labour en avril 2016 après avoir affirmé, lors d’une émission de radio, qu’Adolf Hitler voulait au départ envoyer les Juifs en Israël et « soutenait le sionisme avant de devenir fou et de tuer six millions de Juifs« .
Mardi, la NEC l’a formellement suspendu pour deux ans à partir d’avril 2016, ce qui signifie qu’il ne peut pas se présenter sous les couleurs du parti aux élections législatives ou locales. Il ne comptait d’ailleurs pas le faire. Mais son refus de s’excuser a exacerbé la crise interne.
« Est-ce que quelqu’un doit être sanctionné pour évoquer une réalité historique ? « , a-t-il demandé. « On ne peut pas s’excuser de dire la vérité« , a-t-il ajouté.
Pour le Grand rabbin de Grande-Bretagne, Ephraim Mirvis, le Parti travailliste a manqué l’occasion « de montrer qu’il ne tolérerait pas que la communauté juive soit volontairement maltraitée« .
Ken Livingstone est un allié de longue date du chef contesté du Labour, Jeremy Corbyn. Celui-ci a annoncé mercredi que la NEC allait ouvrir une nouvelle enquête sur le comportement de Ken Livingstone depuis l’annonce de sa suspension officielle.
« Ce qu’il a dit était inacceptable et offensant pour la communauté« , a affirmé Jeremy Corbyn, l’appelant à s’excuser et à « reconnaître que nous devons nous opposer à l’antisémitisme comme nous le faisons pour toute forme de racisme ».
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