L’attentat de la rue des Rosiers, 30 ans déjà

9 août 1982. Réputé pour sa cuisine juive d’Europe de l’Est, le restaurant Goldenberg de la rue des Rosiers, en plein cœur de Paris, affiche complet, comme à son habitude sur l’heure du déjeuner. Un groupe d’hommes cagoulés fait irruption, lance une grenade et ouvre le feu, avant de s’échapper à pied dans les ruelles du quartier du Marais. Le bilan est terrible : six morts et 22 blessés, en en faisant le plus grave attentat antisémite commis en France depuis 1945. La population française est sous le choc. Une attaque à la bombe devant la synagogue de la rue Copernic, à Paris, avait déjà fait quatre morts le 3 octobre 1980.

Trente ans plus tard, on ignore toujours qui sont les auteurs des faits. Des membres du Fatah ? Des néonazis allemands ? La première piste est privilégiée, même si le Palestinien Abou Nidal qui dirige le Fatah a pour habitude de revendiquer ses actions, et qu’il a même cette fois nié en être l’auteur.

Alors que certains reprochent à la France sa prise de position en faveur de l’OLP, c’est suite à cet attentat toutefois que le Président Mitterrand décidera de mettre sur pied la cellule antiterroriste de l’Elysée.

La piste néonazie sera également exploitée, notamment par un documentaire de Thierry Vincent diffusé en 2008 à la télévision et évoquant deux terroristes néonazis, Odfried Hepp et Walter Kexel, recherchés à l’époque par la police allemande pour plusieurs attentats. Les deux hommes se seraient curieusement rendus à Paris le 8 août, la veille de la fusillade… Toujours en vie, Hepp (ancien membre du Front de libération de la Palestine et ex-agent de la Stasi) admet dans le documentaire que son compagnon de l’époque, Kexel, suicidé en 1985, aurait bien pu être l’auteur de l’attentat.
En 2011, pourtant, le juge d’instruction antiterroriste Marc Trévidic identifie deux Palestiniens comme étant deux des membres du commando. Réfugiés en Jordanie, les deux hommes ne pourraient être extradés.

Avec les temps, les traces de l’attentat disparaissent petit à petit. Le restaurant de Jo Goldenberg, fermé en 2006, a été remplacé par un magasin de vêtements en 2010, et Abou Nidal est mort à Bagdad en 2002 emportant avec lui peut-être son secret. L’impact des balles sur la devanture est lui toujours visible.

Le 29 juin 2011, en présence de Jo Goldenberg, de nombreuses personnalités et d’une foule nombreuse, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, plaçait une nouvelle plaque commémorative pour rendre hommage à la mémoire des victimes.

Voir l’actualité du 9 août 1982 : http://www.ina.fr/economie-et-societe/justice-et-faits-divers/video/CAB8201134601/attentat-rue-des-rosiers-temoignages.fr.html

30 ans après, ils se souviennent : http://videos.tf1.fr/jt-13h/attentat-des-rosiers-30-ans-apres-ils-se-souviennent-7453784.html 

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