L’avenir de la Licorne menacé ?

La librairie la Licorne en danger de fermeture, peu de gens ont pu passer à côté de la nouvelle. La gérante, Deborah Danblon, mais aussi les nombreux fidèles de cette institution uccloise ne comptent pas en rester là. Et se battre pour assurer à la Licorne des jours meilleurs.

Cela fait huit ans que Deborah Danblon et son mari Daniel Debroux ont repris la Licorne, une librairie ouverte au centre d’Uccle en 1982, et qui avec les années s’est taillé une place de choix dans un quartier où fleurissent les commerces de proximité. Depuis 2006, le rayon jeunesse s’est agrandi, comme l’espace de toute la librairie. « Après deux ans d’installation, nous avons eu l’opportunité de reprendre le rez-de-chaussée voisin, c’était une occasion à ne pas manquer », confie Deborah Danblon. La crise a malheureusement très vite ensuite frappé tous les commerces indépendants, « doublement les librairies », souligne Deborah Danblon, « confrontées à la crise du livre et au développement du numérique ». Tiraillée entre les emprunts à rembourser et les exigences plus accrues des fournisseurs dans les délais de paiement, sans parler des loyers et des charges liés à son occupation, La Licorne se retrouve aujourd’hui dans une situation critique. « La librairie est un commerce cyclique », rappelle Deborah Danblon. « Le début d’année est souvent moins bon, et mars, avril, mai sont des mois critiques. Nous sommes arrivés à un moment où nos réserves des mois de fin d’année sont épuisées et comme nous avions déjà quelques retards de paiement… C’est le serpent qui se mord la queue », soupire-t-elle.

Vent de solidarité

Du côté des clients et des fidèles, on ne peut y croire. « « Vous ne pouvez pas disparaitre ! », m’a dit une habituée. Ca fait chaud au cœur de se sentir soutenu », assure Deborah Danblon qui n’a pas hésité à lancé son cri de détresse dans la presse pour rechercher un colocataire, salon de thé ou tout autre bienvenu, qui l’aiderait à partager au moins les frais fixes. Côté libraires aussi, ils sont quelques-uns à avoir déjà proposé de lui prêter main-forte. La Licorne elle-même fait tout pour ne pas que l’histoire se finisse. « Nous avons lancé un appel aux auteurs et illustrateurs pour créer un ouvrage inédit Mon meilleur souvenir de librairie* qui sera publié en septembre 2014 », explique Deborah Danblon. « Une soixantaine d’écrivains (Nicolas Ancion, Patrick Roogiers, Vincent Engel, Jacques De Decker, Corinne Hoex, Pierre Mertens, Adolphe Nysenholc, etc.) et près de vingt dessinateurs belges (Jeanne Ashbé, Frédéric DuBus, pour ne citer qu’eux) ont répondu avec un texte ou un dessin original ».

Pour assurer son avenir, la librairie devrait atteindre la somme de 50.000 euros. « Nous sommes plutôt optimistes », confie Deborah Danblon. « Nous avons récolté près de 10.000 euros après une semaine. Nous ne pensions pas qu’il y aurait un tel vent de solidarité, cela nous redonne du courage ».

Ayant appris la nouvelle, l’auteur Marc Levy a lui aussi souhaité témoigner de sa sympathie. Il sera à la Licorne le mercredi 28 mai 2014 à 17h30 pour signer son dernier roman Une autre idée du bonheur. Cela devrait lui porter chance.

* Pour se le procurer, les lecteurs peuvent effectuer une souscription (minimum de 20 euros) par versement sur le compte BE93 3101 9887 7267 de la Licorne avec la mention ‘souscription’ ou au comptoir de la librairie (cartes acceptées).

Librairie la Licorne, 656 chaussée d’Alsemberg, 1180 Bruxelles. Plus d’infos : info@librairielalicorne.bewww.licorneblog.be et page Facebook

Le vendredi 23 mai à partir de 16h30, l’écrivain Aharon Appelfeld signera son livre pour la jeunesse Adam et Thomas.

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