Le bonheur ‘made in Israël’

L’Etat hébreu, qui vient de célébrer le 65e anniversaire de son indépendance, est bien noté sur l’échelle du bonheur.

Heureux comme un Israélien en Terre sainte ? L’Etat hébreu affiche en tout cas des résultats étonnants dans le cadre du « better life index ». Selon l’indicateur du mieux-vivre aux onze critères de l’OCDE, publié le mois dernier, Israël se classe au cinquième rang des 36 pays répertoriés en matière de santé et au huitième rang sur l’échelle du bonheur. Et ce, en dépit de scores peu flatteurs obtenus en matière de logement (28e rang), de revenu (16e place, avec un revenu disponible de 6.000 shekels par mois, environ 1.200 euros), de sécurité de l’emploi (20e), ou d’éducation (29e rang).

La raison d’un tel palmarès ? « L’espérance de vie en Israël est élevée (Ndlr : 82 ans pour les hommes et 84 pour les femmes), le niveau de santé reste satisfaisant, et nous sommes fiers des performances du pays sur le plan scientifique et dans le High Tech. Tout cela influe sur la façon dont les Israéliens ont répondu », avance-t-on au centre d’études des organisations et des ressources humaines de l’Université de Haïfa. Sans oublier l’impact de la découverte récente d’une manne gazière offshore inespérée qui va doper l’économie.

Ce n’est pas la première fois qu’Israël est bien noté sur l’échelle du bien-être. Il y a un an, le premier rapport des Nations-Unies sur le bonheur dans le monde a classé Israël au quatrième rang sur 193 pays. Dirigé par l’Université de Columbia Earth Institute, le rapport avait hissé le Danemark à la première place, les Etats-Unis à la 11e et le Royaume-Uni au 18e rang. Mais à l’heure où la plupart des pays européens sont plongés dans la morosité, le cas israélien ne passe guère inaperçu.

Signataire anonyme d’un célèbre billet dans le quotidien français Les Echos, Favilla ne s’y est pas trompé. Dans une chronique intitulée « Une leçon d’Israël » parue le 30 avril 2013, il écrit : « L’exemple israélien nous suggère peut-être quelques fils conducteurs. Pour se sentir bien dans sa peau, il faudrait alors : être menacé à tout moment de disparaître, et à cause de cela, être attaché passionnément à son pays; l’aider de ses devoirs et non l’accabler de ses droits (…) tirer parti de la mondialisation et non vitupérer (…) affronter la dureté des temps avec la volonté de réussir plutôt qu’avec la peur de perdre ». Et de conclure : « Plutôt que de leur promettre un pré-salaire, l’Etat pourrait offrir à ses jeunes une année sabbatique en Israël ».

Baisse des candidats au départ

Autre indicateur révélateur : le nombre d’Israéliens candidats au départ affiche un net recul depuis 2006. Même si le pays reste confronté à une importante fuite des cerveaux académiques. Selon les dernières statistiques, l’émigration a marqué le pas durant la seconde moitié de la dernière décennie. Signe de la bonne santé relative de l’économie israélienne, le phénomène des candidats au départ ne concerne que deux Israéliens sur 1.000, soit un taux largement inférieur à celui des autres pays de l’OCDE.

En 2010, quelque 15.600 Israéliens ont quitté leur patrie, contre 22.400 départs enregistrés en 2006, soit une chute de 30%. Dans le même temps, le nombre de nouveaux immigrants s’est élevé depuis 2010 à environ 16.500 par an. Un chiffre en légère hausse à la période 2008-2009 même s’il reste sans commune mesure avec les scores enregistrés dans les années 1990, avec l’afflux d’1 million de ressortissants des pays de l’ex-Union soviétique.

Le pays reste cependant confronté à un important brain drain. Des Israéliens qui quittent leur terre natale pour faire un bond dans leurs études ou leurs carrières, notamment aux Etats-Unis, qui attirent 70% des émigrants. C’est ainsi que près du quart du total des universitaires israéliens travaillent outre-Atlantique, une proportion record par rapport à la France, l’Espagne, l’Allemagne ou le Royaume-Uni où cette part oscille entre 1,3 et 4,3%. Pour autant, près de 20% des Israéliens expatriés finissent par rentrer au pays…

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