Le CCLJ accueille 17 nouveaux Bnei-Mitzva

Antoine et Raphaël feront officiellement leur entrée dans la communauté juive le 28 juin 2014, comme 15 autres Bnei-Mitzva. Dans le cadre de leur année de préparation, ils ont décidé de nous faire partager ce qu’ils ont vécu ensemble et ce que représente pour eux le fait de devenir Bar-Mitzva.

Antoine : Je m’appelle Antoine, j’ai 13 ans. J’habite à Bruxelles dans une famille juive pas très pratiquante, mais qui aime célébrer les grandes fêtes, surtout pour le plaisir de se retrouver tous ensemble. Ma maman n’est pas juive par le sang, mais se sent juive, et mon père est juif. Je sais depuis toujours que je suis juif, j’imagine que mes parents me l’ont dit. Pour moi, le judaïsme ce n’est pas une religion, mais plutôt le fait d’appartenir à un peuple, sentir qu’on est juif. On n’est pas juif par le sang, mais si on le ressent. Donc je ne trouve pas normal que les synagogues n’acceptent pas les enfants nés d’une maman qui n’est pas juive, et qu’elles ne reconnaissent pas le fait qu’on puisse tout de même être profondément juif. Mes parents sont athées et la religion ne tient aucune place dans notre vie. Malgré cela, le fait de célébrer ma Bar-Mitzva est un des grands moments qui nous permet de ne pas oublier qu’on est juif et c’est important.

Raphaël : Je m’appelle Raphaël, j’ai 12 ans. Mon papa est juif, mais pas ma maman, ce qui fait que dans notre famille élargie, on célèbre les fêtes des uns et des autres, et cela se passe très bien. Quand j’étais petit, j’ai pris conscience de mon judaïsme grâce à mon papa qui nous expliquait les fêtes et leur histoire. C’est donc mon identité, depuis toujours. Pour moi, le judaïsme, c’est une religion, mais aussi une culture. On n’est donc pas obligé d’être croyant pour se sentir juif. Quand mon père avait mon âge, il est devenu Bar-Mitzva à la synagogue, mais puisque nous sommes laïques, nous nous sentions plus en accord avec les cours proposés au CCLJ. 

Antoine : En fait, malheureusement, j’ai encore plus pris conscience de mon judaïsme quand il m’a semblé qu’il valait mieux ne pas trop en parler… Je trouve cela tout à fait injuste qu’on ne puisse pas parler ouvertement de nos origines et de notre culture, qu’on doive vivre avec des gardes, des policiers… alors qu’on vit dans un pays démocratique. Dans ma classe, il y a des catholiques, des musulmans et des athées, mais je suis le seul à ne pas pouvoir parler librement de qui je suis, à part à mes meilleurs amis.

Raphaël : Je suis moins pessimiste et la plupart de mes amis savent que je suis juif. Le judaïsme est pour moi une richesse, il ne m’a jamais causé de problème ou de soucis, il ne m’a apporté que de bonnes choses. Il m’a notamment permis de rencontrer de nombreux copains, différents de ceux que je vois à l’école. Je fréquente en effet une école catholique et je trouve spécial d’y être l’un des seuls Juifs. Le racisme est une aberration, parce que c’est une opinion qui se base sur des convictions tout à fait fausses. On sait aujourd’hui que scientifiquement, il n’y a pas de différences entre les races. Alors que nous sommes dans une époque où nous vivons les mélanges dans la vie de tous les jours, nous n’avons même plus l’excuse de la peur de l’inconnu.

Antoine: Je trouve inacceptable que les hommes et les femmes ne bénéficient pas d’une véritable égalité. En étudiant ma paracha cette année, je me suis rendu compte que beaucoup de commandements ne s’adressaient qu’aux garçons et si je peux comprendre que le contexte de l’époque n’était pas le même que celui d’aujourd’hui, que nous soyons laïques ou religieux, hommes et femmes doivent bénéficier des mêmes devoirs et des mêmes droits. Je suis donc content d’avoir étudié pour ma Bar-Mitzva dans un lieu où filles et garçons ont accès à l’étude et à la connaissance, sans distinction.

Raphaël : Si l’on regarde ma paracha, Mikets, on peut constater que les frères de Joseph ont aussi fait preuve d’un sentiment de rejet en l’excluant par jalousie. Pourtant, Joseph a pardonné à ses frères, car comme le disait Gandhi : « Le pardon est plus viril que le châtiment ». Je suis particulièrement admiratif du combat de Gandhi et de tous ceux qui ont lutté avec courage pour faire régner plus de justice dans ce monde. Il est réconfortant de se rappeler que pendant la Seconde Guerre mondiale, des personnes ont également lutté pacifiquement contre l’envahisseur nazi en cachant des enfants juifs, comme l’a été ma grand-mère, et ce, au péril de leur propre existence.

Raphaël et Antoine: Etudier pour devenir Bnei-Mitzva a été une expérience très enrichissante pour nous. Nous vous remercions de nous avoir lus. 

L’Année de Judaïsme pour les Bnei-Mitzva vous intéresse ? Vous souhaitez assister à la cérémonie du 28 juin ou suivre les cours dès septembre prochain ? N’hésitez pas à téléphoner au 02/543.02.85 pour plus de renseignements. Une réunion d’information destinée aux parents et aux enfants se déroulera le mardi 9 septembre 2014 à 19h15 au CCLJ.

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