Le CCLJ en radio! « Et si pas maintenant, quand? »

Ce jeudi 12 novembre 2015, le CCLJ lancera sur Radio Judaïca sa toute première émission. Un nouveau média animé par Michel Gheude, fort d’une longue expérience radiophonique, à la RTBF et en radios locales (Télé-Bruxelles, Radio Contact, France Culture…)*. A ses côtés, des chroniqueurs, des invités, des correspondants en Israël, de l’actu politique, culturelle, juive. A écouter chaque jeudi de 18h à 19h30 sur le 90.2 FM.

Le CCLJ a déjà un mensuel, un site et une page Facebook, qu’est-ce qu’une émission radio peut apporter de plus ?

Michel Gheude : Le direct. La radio est le média de la rencontre en temps réel. Les voix, les respirations, le rythme des paroles, au moment même où elles sont prononcées. Il y a un enjeu du direct qui pousse les gens à donner le meilleur, à être au plus proche de leur vérité. Et c’est un média qui est immergé dans l’actualité. Il ne la regarde pas de l’extérieur ou a posteriori. Un dialogue par téléphone avec un correspondant à Jérusalem, c’est maintenant. Le site informe, le mensuel réfléchit, Facebook stimule l’interactivité. La radio, c’est la rencontre.

Vous avez choisi comme nom « Et si pas maintenant quand ? », une expression chère à David Susskind, y parlera-t-on exclusivement du CCLJ ?

M.G. : Encore une référence au direct. Etre dans l’actualité et dans la vérité de l’événement. Mais c’est surtout, oui, une référence à la pensée d’Hillel, « Si je ne suis pas pour moi, qui le sera ? Si je ne suis que pour moi, que suis-je ? Et si pas maintenant, quand ? » Etre responsable, être solidaire et ne pas attendre les temps messianiques, mais agir dans le temps présent. Un texte issu de la plus haute tradition auquel on ne peut être fidèle qu’en agissant ici et maintenant pour un monde plus solidaire. Pour moi, c’est l’ADN du CCLJ, et donc, la réponse est non, nous ne parlerons pas que du CCLJ. Mais nous porterons sur tout un regard inspiré par ces valeurs que David Susskind a en effet portées avec tellement de détermination et que le CCLJ continue d’illustrer, par exemple, avec son programme « La Haine, je dis non ! », avec son patient combat pour la paix entre Israéliens et Palestiniens, avec toutes ses actions pour un judaïsme ouvert et laïque.

Que prévoyez-vous au sommaire ?

M.G. : Le magazine abordera tous les sujets qui concernent la communauté juive. Vie quotidienne, culture, mémoire, politique. Nous débattrons de nos rapports à la tradition et à l’histoire juives. Nous débattrons de la lutte contre l’antisémitisme. Nous débattrons du conflit israélo-palestinien. Un magazine d’info, c’est-à-dire beaucoup de curiosité, beaucoup d’amour, et pas de tabou. Cette semaine, nous rencontrerons des jeunes qui reviennent d’un voyage à Auschwitz, un groupe de la JJL, un autre d’une école chrétienne. Ils ont préparé le voyage ensemble. Ont-ils le même point de vue au retour ? Alain Berenboom et Christine Delmotte parleront de l’adaptation théâtrale de Monsieur Optimiste, l’histoire émouvante des parents d’Alain qui ont échappé à la déportation. On parlera des problèmes que connaît le Mémorial d’Anderlecht. On écoutera le nouveau CD de Gérard Weissenstein. Frédérique Shillo sera en direct de Jérusalem. Avec, bien sûr, un agenda, un moment consacré à l’humour, de la musique.

Quels seront les chroniqueurs?

M.G. : Nous avons une chance : à Regards, la chronique, c’est une vraie tradition. Joël Kotek, Nicolas Zomersztajn, Guy Haarscher, Elie Barnavi : les belles plumes ne manquent pas. Frédérique Schillo, correspondante de Regards à Jérusalem sera aussi la nôtre. André Reinitz racontera des blagues juives que les amateurs retrouveront sur le site du CCLJ. C’est la synergie que nous évoquions : un site, une page Facebook, un mensuel, un magazine radio, des conférences-débats qui se complètent et se renforcent mutuellement pour mieux informer, pour débattre, pour penser, pour agir.

A qui vous adressez-vous? 

M.G. : C’est un magazine du CCLJ et il est diffusé sur la radio de la communauté juive. Notre public, c’est d’abord les auditeurs de Radio Judaïca et le public du CCLJ. Mais je crois qu’il faut s’adresser à tous. Les Juifs de Belgique ne sont pas une petite communauté fermée sur elle-même. Un magazine radio est un espace d’information et de rencontre. Qu’est-ce que les Juifs laïques, humanistes, ont à dire ? Que pensent-ils ? Que font-ils ? Cela n’intéresse évidemment pas que les Juifs. Nous cherchons le dialogue. Et si pas maintenant, quand ?

* Producteur et consultant médias, Michel Gheude a également animé des séminaires de formation en communication et d’éducation aux médias. Longtemps chroniqueur à Regards, animateur régulier des ateliers de « La Haine, je dis NON ! », il est aussi l’auteur de nombreux ouvrages, essais et fictions. La Révolution n’est pas finie (culture et émancipation) paraitra fin novembre aux éditions du CAL (collection « Liberté j’écris ton nom »).

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