Dès l’annonce des premiers tirs des armées syro-égyptiennes, le 6 octobre 1973, le CCLJ s’est retrouvé au cœur de la mobilisation en faveur d’Israël. Durant les 18 jours que dure la guerre du Kippour, les locaux du CCLJ se transforment en véritable QG de crise où différentes initiatives de solidarité à Israël sont lancées.
Lorsque les armées syriennes et égyptiennes attaquent Israël le 6 octobre 1973, les témoignages classiques de solidarité à Israël sont exprimés par la communauté juive de Belgique lorsqu’une délégation de représentants des orga-nisations et institutions juives se présente le premier jour des combats à l’ambassade d’Israël. Tout le monde a en mémoire la guerre des Six Jours, à ceci près que les nouvelles d’Israël sont mauvaises : les chars syriens ont enfoncé les défenses israéliennes dans le Golan et les Egyptiens avancent dans le Sinaï. Le Comité de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB) présidé par David Susskind décide de se réunir d’urgence au CCLJ pour organiser une manifestation nationale de soutien à Israël. Un Comité d’action pour Israël est créé pour coordonner toutes les actions de soutien.
Dans le courant de la nuit du 7 au 8 octobre, des affiches « Israël vivra » sont chaulées et collées sur les murs de Bruxelles. La manifestation nationale se tient finalement le 9 octobre : plus de 10.000 personnes battent le pavé de la capitale pour exprimer leur solidarité à Israël. Cette manifestation est ponctuée par un rassemblement de plus de 3.000 personnes à la salle de la Madeleine. Outre les collectes de fonds organisées au sein de la communauté juive de Belgique, plus de 2.000 personnes, juives et non juives, se présentent le 14 octobre au CCLJ pour donner leur sang à destination d’Israël. Ce jour-là, la grande salle du 52 de la rue Hôtel des monnaies prend les allures d’une géante infirmerie. Une vingtaine de lits sont alignés contre les murs et des tables remplies de flacons et de sacs en plastique encombrent la pièce. Pour collecter le sang, des médecins ont bénévolement apporté leurs concours et des étudiants en médecine les ont assistés.
L’amour d’Israël
Une autre initiative originale du CCLJ va marquer les esprits. Elle est l’œuvre du président actuel du CCLJ, Henri Gutman. Alors qu’il préside la Fédération de la jeunesse juive (coupole rassemblant les mouvements de jeunesse et l’Union des étudiants juifs de Belgique), Henri Gutman participe le 7 octobre 1973 à la réunion du CCOJB qui se tient dans les locaux du CCLJ en vue de coordonner la manifestation nationale de soutien à Israël programmée le 9 octobre.
Vers minuit, il quitte la réunion et descend dans la grande salle où des dizaines de jeunes des mouvements de jeunesse juifs sont en train de confectionner des calicots et des affiches pour la manifestation. « Je me suis joint à eux pour peindre aussi », se souvient Henri Gutman. « Au bout de quatre panneaux “Israël vivra”, j’ai décidé de tenter autre chose. Muni d’un pinceau et d’un seau de peinture rouge, j’ai pris un nouveau papier bristol pour exprimer ce que je ressentais : les mots “Israël je t’aime” me sont venus à l’esprit. Quoi de mieux qu’un cœur pour exprimer l’amour ! ». Il dessine donc ce cœur dans lequel est inscrit en négatif « Israël » et sous lequel on peut lire « je t’aime ». « D’autres participants à la réunion du CCOJB sont descendus à leur tour. En voyant mon dessin, Ilan Szyper a décidé d’en faire des affiches, des cartes postales et des autocollants », ajoute Henri Gutman qui ne soupçonnait pas le succès qu’allait rencontrer son slogan.
Dans les jours qui suivent, tout le courrier envoyé par le CCOJB et le CCLJ portera un autocollant « Israël je t’aime » et des cartes postales avec cette illustration seront vendues au profit du Fonds de solidarité avec Israël et envoyées en masse à la Knesset en hommage aux soldats israéliens. Le président de la Knesset de l’époque, Israël Yeshayahou, adresse un télégramme de remerciement pour cette initiative : « C’est avec gratitude que j’accuse réception des nombreuses cartes postales en hommage aux soldats de Tsahal et en signe d’identification avec le peuple d’Israël qui ont été envoyées par le CCLJ au Parlement de Jérusalem ».
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