Les dirigeants d’Unia rencontreront ce mercredi 8 mars les responsables du CCOJB et du Forum der Joodse Organisaties, ainsi que du consistoire central israélite. Le traitement problématique de l’antisémitisme par un juriste d’Unia et la réactivation de la cellule fédérale de veille de l’antisémitisme seront abordés lors de la discussion « franche ».
Unia, l’ancien Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme est au centre d’une polémique depuis une dizaine de jours. Parmi les motifs des critiques, figurent les commentaires d’un juriste de l’institution à propos d’un jugement condamnant l’auteur de propos considérés comme antisémites lors d’une manifestation pro-palestinienne à Anvers. Dans un courriel à usage interne, il juge cette condamnation « hautement problématique« . A ses yeux, la loi sur le racisme n’a pas été appliquée correctement. Et de conclure: « charabia contre jurisprudence ».
Ce document publié dans le magazine Joods Actueel a troublé une partie de la communauté juive. Les responsables d’Unia ont pris toutefois la défense de leur collaborateur en rappelant le contexte de l’affaire. C’est le centre lui-même qui a introduit une déclaration de personne lésée devant la justice, comme la loi l’y autorise. Une fois en possession des éléments du dossier, le juriste a estimé que ceux-ci ne justifiaient pas une constitution de partie civile. Selon M. Charlier, il n’était pas question d’un appel au meurtre ou à l’égorgement comme cela a été dit.
« Cela a créé un émoi particulier dans la communauté, et à raison. Nous considérons qu’Unia n’est pas une agence d’évaluation juridique stricte. Elle a des missions et des valeurs, et il faut qu’elle les défende. Le ton qui est utilisé ne correspond pas à ces valeurs« , a expliqué le président du Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique (CCOJB), Yohan Benizri.
Le CCOJB participera à la réunion de mercredi en compagnie de son équivalent flamand, le Forum der Joodse Organisaties, et du Consistoire, organe de représentation du culte juif. Les différentes parties auront une « explication franche » sur ce point, selon M. Charlier interrogé par l’Agence Belga.
Un autre dossier sera évoqué, qui devrait réunir le consensus: la remise en marche de la cellule de veille de antisémitisme qui existait sous les gouvernements précédents et était placée sous l’autorité des ministres de la Justice et de l’Intérieur. Unia et les organisations juives ont formulé cette demande il y a déjà plusieurs mois, sans avoir été entendus. « Je le regrette et les organisations juives aussi« , a commenté M. Charlier. Cette cellule créée en 2004 avait été renforcée en 2012 par la présence de représentants judiciaires et policiers.
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