Le choix de la Bar-Mitzva laïque

Il y a tout juste 25 ans, David Kronfeld célébrait sa Bar-Mitzva. La Bar-Mitzva laïque du CCLJ voyait ainsi le jour, pour permettre à un public non religieux de franchir cette étape importante de la vie selon ses convictions. Le 30 juin 2012, ils seront 14 jeunes à faire leur entrée dans le monde adulte en réaffirmant leur appartenance au peuple juif.

Le Centre communautaire laïc juif a toujours essayé de perpétuer l’héritage du judaïsme en faisant de la transmission l’une de ses missions principales. C’est dans ce cadre que Simone Susskind, alors présidente, décide en 1987 de créer un programme original pour marquer le rite de passage que constitue la Bar-Mitzva. Elle sera aidée de Béatrice Godlewicz et de Monique Susskind, qui en seront les premiers professeurs, suivies de Gaëlle Szyffer, d’Ouzia Chait pour la touche philosophique, et de Tamara et Paul Danblon pour l’aspect cérémoniel.

« Il y a plusieurs façons de vivre au quotidien son judaïsme en dehors de la religion », relève Delphine Szwarcburt, la petite-fille de David Susskind, qui coordonne aujourd’hui l’Année de judaïsme des Bnei-Mitzva. « On peut fêter les grandes dates du calendrier que sont Rosh Hashana, Hanoucca, Pessah…, mais on peut aussi célébrer les étapes importantes de la vie : la naissance, le mariage, le décès. La Bar-Mitzva, en marquant l’entrée du jeune dans le monde adulte vers 12-13 ans, constitue l’une de ces étapes charnières qui nous permettent de nous inscrire de façon plus forte dans le judaïsme ».

Au départ créé à l’attention des couples qui ne veulent ou ne peuvent célébrer ce rite à la synagogue, « le programme est progressivement rentré dans la norme de la vie communautaire juive », confie Delphine Szwarcburt. « La solution prise un moment peut-être par défaut est devenue un choix positif, fait en toute conscience ».

Etudier dans la joie

Porteur de sens, enrichissant, intéressant, le programme du CCLJ se différencie totalement de celui de la synagogue, avec laquelle il n’entre d’ailleurs pas en concurrence. « Il s’agit de voir ce que l’on souhaite transmettre à son enfant », précise Delphine Szwarcburt.

L’Année de judaïsme des Bnei-Mitzva, suivie sur une année scolaire, s’adresse aussi bien aux garçons qu’aux filles qui viennent chaque samedi matin suivre ensemble les cours de Delphine Szwarcburt et Mireille Dahan. « “Si tu étudies, fais-le dans la joie”, disent les Sages. L’idée est donc de travailler le plus possible en groupe pour la richesse des dialogues et la motivation qu’il apporte. Pour permettre aussi la contradiction, comme le veut l’esprit juif », poursuit Delphine.

Jeunes Séfarades ou Ashkénazes, inscrits en 1ère secondaire dans l’enseignement juif, communal ou même catholique, issus d’un milieu plus ou moins militant, plus ou moins privilégié, l’ensemble constitue un harmonieux mélange où chacun apport à l’autre. Le programme s’articule en trois parties. La première touche la famille et les racines, pour prendre conscience qu’en se raccrochant à son histoire familiale, le jeune se raccroche à l’histoire du peuple juif : interview des grands-parents, réalisation d’un arbre généalogique, d’un album de famille… « Un véritable échange intergénérationnel qui transforme tous ceux qui y participent », note Delphine Szwarcburt qui y voit « le premier acte d’adulte posé par le jeune, devenu dépositaire du patrimoine familial ».

Vient ensuite l’étude de la Paracha, le chapitre de la Torah qui correspond à la date de naissance plus 12 (pour les filles), 13 (pour les garçons). « Parce que la connaissance ne peut être le monopole des religieux. Parce que la Torah est aussi porteuse de valeurs, de règles morales et d’histoires dans lesquelles les jeunes peuvent se reconnaître », poursuit Delphine. « On espère aussi que cela leur donnera le goût de l’étude ! ».

Enfin, un travail concret au sein de la communauté juive leur permet de voir dans les faits les responsabilités qu’ils acquièrent. Par petit groupe, les jeunes prestent ainsi 15 heures de bénévolat dans l’institution communautaire de leur choix (Heureux Séjour, Musée juif, Service social juif, crèche Nitzanim-Rachel Kemp du CCLJ…), apprenant à donner de leur temps, à se préoccuper des autres, en même temps que les prémices du militantisme.

Suite logique de ce programme, la cérémonie de fin d’année constitue un rite de passage un peu plus solennel, lors duquel les jeunes déclareront en public, devant leurs familles et amis, leur volonté de garder leur identité juive et de la transmettre.

Avec un peu d’avance, à toutes et tous, nous leur souhaitons déjà Mazal Tov !

Cérémonie de clôture de l’Année de judaïsme des Bnei-Mitzva le samedi 30 juin 2012 à 10h. Réservation indispensable : 02/543.02.85 ou mdj@cclj.be

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