Le grand rabbin Gilles Bernheim démissionne

Après avoir reconnu les plagiats dans deux de ses livres et avoué qu’il n’a jamais obtenu l’agrégation de philosophie, Gilles Bernheim a décidé de ne plus exercer ses fonctions de grand rabbin de France.

Dans un communiqué, le grand rabbin Gilles Bernheim « a souhaité présenter ses excuses à la Communauté juive de France, aux membres du corps rabbinique, à sa famille et à ses proches pour les souffrances qu’ils ont pu endurer à travers lui ». Il précise qu’il décidé de « prendre congé de ses fonctions ayant constaté qu’il ne lui est plus possible de remplir la charge qui est la sienne avec la sérénité et la tranquillité qui en sont les corolaires nécessaires ».

Quel gâchis. Tout avait si bien commencé pourtant. Un rabbin au profil idéal est élu en juin 2008 à la tête du grand rabbinat de France. Il s’exprime bien dans les médias, il parle d’égal à égal avec les intellectuels et les universitaires, il publie des livres de qualité, et même le chef de l’Eglise catholique romaine fait référence à ses textes. Un vent nouveau souffle sur le grand rabbinat de France : un intellectuel de haut vol succède à un Joseph Sitruk jugé plus populaire, voire démagogue dans certains cas.

Tout souriait au rabbin Gilles Bernheim que tout le monde loue pour son ouverture d’esprit, sa probité morale et son honnêteté intellectuelle… jusqu’à cette affaire de plagiat.

En une seule semaine, tout s’écroule : plusieurs révélations sont publiées dans la presse en ce qui concerne deux livres et un texte de Gilles Bernheim contenant des plagiats. Ensuite, on évoque l’usurpation du titre d’agrégé de philosophie. Et pour couronner le tout, ces faits sont révélés alors que la France s’indigne des mensonges répétés du ministre du Budget Jérôme Cahuzac. 

Pour les plagiats, Gilles Bernheim n’avait pas d’autre choix que de les reconnaître et d’apporter un complément d’information présentant l’inconvénient d’aggraver son cas : ces plagiats ont été commis par le « nègre » auquel il a fait appel pour écrire ces livres.

Quant à l’agrégation qu’il n’a jamais obtenue, Gilles Bernheim a déclaré que « le fait non pas de proclamer partout, mais de laisser dire que on est agrégé permet de mettre un pansement sur une blessure qui est très forte et de vivre longtemps après ». Cette blessure concerne un « événement tragique » survenu lorsqu’il devait présenter le concours, mais dont il n’a pas précisé la nature.

Cette affaire est d’autant plus regrettable que Gilles Bernheim semblait posséder des qualités incontestables pour exercer cette fonction. Certains continuent de le soutenir. Ce geste élégant les honore quand on sait qu’il est facile de jeter l’opprobre sur un homme à terre. Cette grandeur d’esprit ne doit pas non plus les égarer. Au regard de la fonction d’autorité morale de grand rabbin de France, le mensonge sur un curriculum vitae et le plagiat ne constituent pas des indélicatesses insignifiantes.

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