Dans un texte, qui avait fait scandale dans le monde juif à l’époque, le juge accusait tant Israël que le Hamas de crimes de guerre et/ou contre l’humanité durant l’opération « Plomb durci » (déc. 2008-janv. 2009). Il vient d’exonérer Israël d’avoir délibérément pris des civils pour cible.
C’est une bonne nouvelle. Petite mais bonne : le juge Goldstone, auteur d’un rapport de l’ONU sur l’opération « Plomb durci » lancée par Israël début 2009 contre la bande de Gaza est revenu sur une partie de ses propos.
Il n’accuse plus l’Etat juif d’avoir attaqué volontairement des non-combattants. Une évolution due aux enquêtes menées par Israël sur 400 de ces accusations, Après lecture du résultat de ces enquêtes, le juge est revenu sur ses imputations dans un article publié par le Washington Post le 1er de ce mois et titré « Nouvelle réflexion du Rapport Goldstone sur Israël et les crimes de guerre ».
S’il a modifié son point de vue sur les actions israéliennes, le juge a maintenu son réquisitoire contre le mouvement islamiste (qui n’a, lui, procédé à aucune enquête) : « le Hamas commet des crimes de guerre en tirant des roquettes sur des civils, ce qu’il continue à faire » et « Le fait qu’il n’y ait relativement que peu de victimes civiles israéliennes dues aux tirs de roquettes n’enlève rien à la gravité du crime ».
La nouvelle a bien sûr fait hululer d’enthousiasme nos amis de droite, en Israël comme en diaspora. Après avoir roulé dans la boue le juge et l’avoir traité sur tous les tons de menteur, ils découvrent tout à coup, que chacun des mots qu’il vient d’écrire sont corrects, justes et véridiques.
Et l’actuel gouvernement israélien de réclamer, dans la foulée, que la totalité du rapport soit jetée aux poubelles de l’Histoire. C’est peut être beaucoup demander. Durant « Plomb durci », l’armée israélienne a, quoi qu’il en soit, causé la mort de près de 1400 personnes, dont la moitié au moins étaient des civils.
Que Tsahal n’ait pas tué volontairement des femmes et des enfants est des plus réconfortant à nos yeux. Mais il est à craindre que, du point de vue des victimes comme de l’opinion mondiale, cela n’ait qu’une importance toute relative. Apprendre que le chauffard qui a fauché votre famille ne l’a pas fait délibérément ne diminue, hélas, ni votre chagrin ni votre colère.
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