Le maccarthysme version BDS

Le chanteur américain de Reggae Matisyahu a été déprogrammé d’un festival en Espagne car il était présenté par BDS comme « représentant Israël ». Il aurait pu se produire s’il avait signé une déclaration de soutien aux Palestiniens, ce qu’il a refusé à juste titre.

Matthew Paul Miller, alias Matisyahu, est un chanteur américain mêlant reggae, hip hop et dub. Juif élevé dans une famille non pratiquante, il devient Chozer be Tshuva (celui qui revient à la religion) à l’âge de 21 ans en fréquentant les Loubavitch de Brooklyn.

S’il glisse quelques fois des mots d’hébreu et de yiddish dans ses chansons et s’il ne donne pas de concert à Shabbat, rien ne le distingue d’autres artistes évoluant sur la scène reggae.

Mais voilà que cet artiste est pris dans la tourmente BDS (Boycott, désengagement et sanctions) ces derniers jours.

Invité à se produire ce 22 août au festival de Reggae Rototom Sunsplash à Benicàssim (Espagne), son concert a été annulé sous la pression de BDS ! Accusé de sionisme et de défendre Israël, les organisateurs du festival lui ont demandé de déclarer son soutien aux Palestiniens !

Il faut savoir qu’il est le seul artiste participant à ce festival à qui cette demande a été formulée. Pourtant, il n’est pas israélien. Il n’est pas non plus connu pour ses positions politiques en faveur du Grand Israël, tout comme on ne lui connaît pas de sympathie pour la droite israélienne. On est bien loin de Sheldon Adelson, ce milliardaire américain anti-Obama, principal bailleur de fonds du Parti républicain et soutien inconditionnel de Benjamin Netanyahou.

Cette exclusion de Matisyahu ne fait que révéler la véritable nature de BDS : un mouvement dont la haine d’Israël mène ses adhérents à s’attaquer à des individus en raison de leur identité juive. Les tenants de BDS ont beau déclarer qu’ils ne s’attaquent pas aux individus mais aux institutions, on voit bien qu’ils visent des artistes pour ce qu’ils sont : des Juifs, et pas seulement des Israéliens, même si le simple fait d’être israélien ne justifie en rien ce boycott.

Comme dans les heures les plus sombres du maccarthysme, Matisyahu aurait pu donner son concert s’il avait signé telle ou telle déclaration d’allégeance à ligne BDS. Dans les années 50, les artistes américains devaient afficher leur patriotisme en se déclarant éminemment anticommunistes s’ils voulaient poursuivre leur carrière. Aujourd’hui, il aurait suffi à Matisyahu de se conformer à la position anti-israélienne primaire et tout serait rentré dans l’ordre pour lui. Il ne l’a pas fait et il a bien raison. 

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