Hanoucca, la fête des lumières, est célébrée cette année du 27 novembre au 3 décembre 2013. L’occasion pour le Centre d’éducation à la Citoyenneté, dans le cadre de son programme « La haine, je dis NON ! » adressé aux primaires, d’inviter plusieurs écoles bruxelloises au CCLJ pour leur expliquer cette tradition juive, au regard des autres fêtes religieuses.
Vendredi 21 novembre, 9h30. Ils sont quelque 170 élèves de 3e et 4e primaires du Collège Sacré-Cœur de Ganshoren et de l’Institut Notre-Dame d’Anderlecht à prendre leur petit déjeuner dans le foyer du CCLJ. Une grande majorité d’entre eux ne sont jamais entrés dans un lieu juif, même si tous connaissent le CCLJ pour participer aux animations de son programme « La haine, je dis NON ! » proposé mensuellement dans leur école.
La matinée a d’ailleurs plutôt bien commencé : « Madame, on est à “La haine, je dis NON” ? », interroge un jeune garçon. « Effectivement, oui. Alors, est-ce que tu es prêt à dire non à la haine ? », lui retourne l’animatrice. « Ouiiiii ! », s’exclame-t-il sans hésitation.
Après le Cécémel et les pains au chocolat, il est temps de passer aux choses sérieuses. Les classes sont rassemblées dans l’auditorium pour écouter l’histoire de Hanoucca. « Etre juif, c’est appartenir à une religion, à un peuple aussi », introduit Delphine Szwarcburt, responsable des fêtes juives au CCLJ. « Je ne suis pas croyante, mais je suis juive parce que je descends d’une famille juive depuis plusieurs générations ».
Les regards sont attentifs. Les questions fusent. Difficile de donner la parole à tout le monde. Quand on évoque la Torah, « livre sacré des Juifs », et que l’on demande l’équivalent chez les chrétiens et les musulmans, la réponse du public est collégiale. « La Bible ! Le Coran ! », crient-ils d’une seule voix. La définition du polythéisme, en comparaison avec les monothéismes, est plus floue. « C’est pas la religion athée ? », suggère un enfant.
On interroge, on propose, on s’écoute. On parlera du Grec Antiochus, bien sûr, de sa tentative d’empêcher les Juifs de pratiquer leurs rites et de renoncer à leur culture. A l’évocation des Maccabim, ce petit groupe de paysans bien décidés à se révolter pour reconquérir leurs libertés, un jeune se souvient d’un club de football du même nom. « Le club Maccabi a en effet choisi ce nom pour symboliser la victoire sur les adversaires et la volonté d’aller jusqu’au bout pour gagner », confirme Delphine Szwarcburt.
Enrichir le débat
On profite de la légende pour rappeler les lieux de culte des trois religions -synagogue, église, mosquée-, et la différence entre le chandelier à sept branches (la menorah) et celui qui en compte huit (la hanouccia)… pour arriver à ce miracle qui permit de faire briller la lumière pendant huit
jours alors que l’huile pure à disposition ne permettait de ne tenir qu’une journée. « C’est ce qu’on appelle le miracle de Hanoucca », poursuit Delphine Szwarcburt. « Que cette légende soit vraie ou pas importe peu finalement, ce qu’il faut retenir, ce sont les symb
oles et les valeurs qu’elle nous apporte jusqu’à aujourd’hui. En souvenir de ces événements, pendant cette période, on allu
me chaque jour une bougie de la hanouccia pour symboliser la victoire de la lumière sur les ténèbres et l’obscurité. Cette histoire nous montre aussi que l’on doit se battre contre l’injustice, où qu’elle survienne, et qu’il faut venir en aide à ceux qui ont perdu leurs libertés ».
Les enfants s’amuseront du jeu de la toupie, coutumier de cette fête, indiquant par les lettres hébraïques inscrites sur chaque face qu’« un miracle a eu lieu là-bas ». L’occasion de passer en revue aussi les délicieux plats et recettes typiques, souvganiot (beignets) et latkes (galettes de pommes de terre) servies dans les repas de famille à Hanoucca, avant de se demander ce qui se fait à Noël, ou pendant l’Aïd-el-Kebir (fête du mouton).
Après l’allumage des bougies, les enfants repartiront avec les toupies en question et quelques pièces d’or en chocolat. Aussi ravis que la plupart des enseignants venus les accompagner. « L’ambiance était très chouette, et c’était une bonne idée de mélanger les élèves entre eux, chacun a pu apporter ses connaissances et enrichir le débat », relevait Carine, une accompagnatrice. « Personnellement, je ne connaissais cette fête juive que par les médias et les séries télévisées. J’ai appris ici la vraie histoire et c’était très instructif », confiera Guillaume Rethiers, instituteur de 4e à l’Institut Notre-Dame d’Anderlecht ». Avant de conclure : « Il est essentiel de mieux connaitre la culture et la religion des autres pour mieux les respecter. Quand on se comprend, le respect devient naturel ».