Dans l’infiniment petit, les nanotechnologies permettent déjà de détecter des cancers précoces. Grâce à deux scientifiques israéliens, elles pourront bientôt de les guérir
Deux chercheurs israéliens, les Pr Dan Peer et Rimona Margalit de l’Université de Tel-Aviv* viennent de mettre au point une « nano-thérapie » pour guérir divers cancers (des ovaires, du sein, du foie, du pancréas…). Et cela sans les difficiles effets secondaires des chimiothérapies.
Encore une réussite de ces nanotechnologies qui bouleversent voire révolutionnent tous les domaines où elles sont utilisées. Quand on lit ce genre de déclarations, on hoche la tête d’un air entendu : ah oui, les nanos choses… ces trucs minuscules qui… que…
Les plus cultivés sauront même que le mot vient du grec «nanos » qui veut dire « nain ». C’est petit, quoi. Et même davantage : pour accéder au nano-monde, il faut prendre une unité de mesure (kilo, ampère…) et la diviser par un milliard!
Pour le mètre, par exemple, cela vous amène au niveau du millionième de millimètre. Alors, oui, c’est tout petit, petit. Et pourtant, des objets nano-technologisés, on en utilise déjà beaucoup non seulement sans les voir mais aussi sans le savoir
Il y a des nanotechnologies dans les vêtements, les cosmétiques, les accessoires de sport, mais aussi dans les smartphones, les caméras et tout ce qui est informatique. De même dans les domaines de l’optique, des économies d’énergie et donc en cancérologie.
Cela fait déjà quelques années que des laboratoires de par le monde, cherchent à les utiliser au niveau du diagnostic –le plus précoce possible, bien sûr- des tumeurs. Ainsi aux États-Unis, où le Massachusetts Institute of Technology (MIT) vient de mettre au point une nanotechnologie, elle aussi révolutionnaire :
Elle permet de détecter dans l’urine des quantités infinitésimales de biomarqueurs signalant un risque de cancer colorectal. Des chercheurs britanniques en ont mis au point une autre permettant de dépister un début de cancer… à l’œil nu !
Dans la foulée, les scientifiques explorent toutes sortes de nano-pistes afin de combattre et vaincre les cancers. Ainsi, en France, ils ont découvert des nanoparticules permettant de multiplier par neuf les effets des rayons X
A Singapour, ils travaillent sur une technique de traitement optique ciblé du cancer. En Floride, sur des « nano-encapsulages » transportant des molécules anticancéreuses jusqu’à la tumeur sans être repérées par le système immunitaire
En Australie, des chercheurs travaillent sur des nanoparticules affaiblissant les cellules malignes qui peuvent être ensuite détruites avec une chimiothérapie cinq fois moins importantes que de coutume.
Comme un nano-cheval de Troie
Mais les Israéliens ont pris une longueur d’avance avec leurs « nano sous-marins ». Un processus que le Dr Peer –non sans pédagogie- explique ainsi : « nous avons mis au point une grosse particule (en termes nanométriques) équipée d’une sorte de GPS.
Celui-ci lui permet, contrairement à une chimiothérapie classique, de cibler uniquement les cellules cancéreuses. Comme notre « sous-marin » ressemble à un des sucres dont cette cellule malade a besoin pour produire davantage de métastases, il se lie à elle sans difficultés.
A ce moment là, comme un cheval de Troie, il libère des médicaments qui tuent la cellule cancéreuse sans effets secondaires pour l’organisme ». Des essais cliniques prometteurs viennent de débuter aux États-Unis.
D’ici environ cinq ans, il est donc plus qu’envisageable que des millions de malades soignés par radiothérapie disposent d’un traitement de « nano-forme » mais qui leur apportera de méga-résultats….