Le ‘patron’ socialiste belge était sioniste

Suite à une analyse faite sur les ondes de BEL-RTL par Claude Moniquet sur la situation en Egypte, le député bruxellois PS Jamal Ikazban a réagi par un Tweet en le traitant « d’ordure sioniste » pour exprimer son désaccord. « Ordure sioniste », l’expression qui tue.

Je suis sioniste et je me porte très bien. Je ne pense pas que l’Egypte soit « une poubelle à ciel ouvert » et l’actualité égyptienne n’entame en rien mes convictions sionistes. Je ne vois pas non plus en quoi les propos de Claude Moniquet sur l’Egypte font de lui un « sioniste ».

Je suis attaché à l’existence de l’Etat d’Israël qui doit sa création à un mouvement de libération nationale : le sionisme. Non, Israël n’est pas le fruit du saint esprit. Ce pays est né grâce à la volonté et à la détermination du mouvement sioniste, mouvement politique pluriel regroupant en son sein des marxistes purs et durs, des socialistes, des centristes, des libéraux, des conservateurs, etc.

Serais-je un être méprisable dont la société doit se prémunir ? Pour le député bruxellois socialiste, Jamal Ikazban, ce serait inévitablement le cas. Il ne fait que répéter ce qu’on trouve en foison sur internet : une vulgate obsessionnellement antisioniste où Israël est présenté comme l’incarnation suprême du mal. Ce pays, ses citoyens et les Juifs qui y sont attachés sont décrits comme des comploteurs maléfiques cherchant à dominer la planète entière et à exterminer les Palestiniens.

Dans cette perspective, le débat est impossible. On est face à des « croyants » pour qui cette vision complotiste fait figure d’explication générale des problèmes actuels. Il est donc inutile d’essayer de leur expliquer qu’il existe des sionistes capables d’intégrer dans leur analyse la réalité palestinienne et la nécessité de créer un Etat palestinien souverain et viable aux côtés d’Israël.

En revanche, il serait indispensable d’inviter Jamal Ikazban, élu bruxellois membre du Parti socialiste, à étudier l’histoire de son propre parti. Emile Vandervelde, celui qu’on surnommait avec respect « le patron » du Parti ouvrier belge (ancêtre du PS) durant les 30 premières années du 20e siècle n’a jamais caché sa sympathie à l’égard du mouvement sioniste.

En 1928, Vandervelde s’est même rendu en Palestine mandataire où il a pu rencontrer de nombreux militants socialistes sionistes. Dans un livre qu’il rédige à son retour en Belgique, Vandervelde y consigne toute son admiration pour cette « terre d’expérience pour le socialisme » où il y voit un paradis pour les travailleurs. Il invite même ses adversaires communistes à s’y rendre : « Je ne sais pas s’il y a encore beaucoup de gens qui se reconnaissent dans le matérialisme historique des bolcheviques.Si ce type de marxistes existe encore, je leur donnerai le bon conseil de se rendre en pèlerinage à Jérusalem et de visiter la Palestine juive ».

En 1928 se réunit à Bruxelles une Conférence internationale socialiste pour une Palestine des travailleurs. Il en résulte la création d’un comité permanent dont font partie Emile Vandervelde, Louis De Brouckère, Camille Huysmans et une série de dirigeants socialistes français, britanniques, allemands et italiens.

Ces grandes figures du socialisme belge étaient-ils des ordures Monsieur Ikazban ? 

 

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