Institution majeure de la communauté juive de Bruxelles, le Service social juif a célébré le 70e anniversaire de sa création à l’Hôtel de ville de Saint-Gilles le 21 octobre 2014. L’occasion de redécouvrir une institution juive agissant comme un rouage essentiel du tissu social bruxellois.
Salle comble à l’Hôtel de ville de Saint-Gilles pour le 70e anniversaire du Service social juif (SSJ), célébré avec chaleur et convivialité à l’image de cette indispensable institution, que le bourgmestre Charles Picqué se dit fier de compter dans sa commune depuis soixante ans. « Vous faites partie du paysage social de Saint-Gilles. Vous êtes ouverts aux autres communautés. J’ai besoin de gens comme vous ! ». Son président, Bernard Libertalis, a rappelé que le SSJ constitue « un rouage essentiel de la vie sociale de la communauté juive, mais aussi un rouage de l’action sociale en Région bruxelloise grâce à son insertion dans le tissu associatif de la capitale ».
Les défis ne manquent pas. Ainsi, l’impact de la crise économique sur les moins favorisés nécessite une réponse adéquate au
surendettement. Parmi les activités mises en exergue, on relève celles du centre médico-psychologique du SSJ. La détérioration de l’environnement socio-économique et la multiplication des incidents antisémites ont accru les besoins en matière d’assistance psychologique. C’est ce qu’ont fort bien expliqué le docteur Laurence Ayache, médecin et directrice du centre médico-psychologique et Chrystelle Ledecq, la coordinatrice de ce centre. Grâce au professionnalisme d’une équipe motivée, elles ont énuméré les nombreux domaines dans lesquels elles ont pu obtenir des résultats positifs : psychiatrie, pédopsychiatrie, psychologie individuelle, de couple et de la famille, sans parler de logopédie, de permanences dans les écoles juives et d’expertises psychiatrique pour les victimes de guerre. Essentielles aussi, les interventions du SSJ en matière d’action sociale globale, coordonnées par Stéphanie Dockx et auxquelles s’ajoutent une école des devoirs ainsi que des projets spécifiques en faveur des personnes âgés, de demandeurs d’asile, des victimes d’antisémitisme, du génocide tutsi, etc. De son côté, le Club Amitié du SSJ animé par Anne-Marie Carette propose un remarquable éventail d’activités pour les aînés : voyages d’agrément, ateliers de peinture, hébreu, yoga, et fêtes traditionnelles, qui drainent un public ravi et reconnaissant.
Cette cérémonie d’anniversaire fut aussi l’occasion d’évoquer une page fondatrice du travail social et psychologique du SSJ : les homes ouverts dès 1945 par l’Aide aux Israélites victimes de la guerre (AIVG), ancêtre du SSJ. Psychothérapeute de renom, Siegi Hirsch a joué un rôle déterminant dans le succès de ces homes. Présent lors de la cérémonie à l’Hôtel de ville de Saint-Gilles, il a expliqué comment dès 1945 après son retour des camps de la mort, il a appris son métier de psychothérapeute dans les homes de l’AIVG. « J’ai fait mon université dans les homes de l’espoir pour les orphelins de la Shoah qui y ont réappris à vivre », se souvient Siegi Hirsch.
Acteur de solidarité
Dans sa synthèse de l’action menée depuis 70 ans, Daniel Berman, directeur du SSJ, a remercié les dévoués volontaires, les responsables, les compagnons de route et félicité les permanents de cette institution. « Le SSJ se trouve dans un moment charnière de son histoire. Nous vivons une transmission du travail accompli à partir de notre communauté pour la mettre à la disposition de tous », a précisé Daniel Berman. « En raison de la complexité grandissante de la relation à l’aide, notre société affronte de nouvelles problématiques. Je pense au racisme et à l’antisémitisme et aux nouvelles fractures sociales introduites par l’intolérance, l’extrémisme et les dérégulations économiques ». Fort de ses nombreux partenariats et de 70 ans d’expérience, le SSJ a réussi a passé du statut de victime désignée à celui d’acteur de solidarité présent dans l’ensemble du secteur social bruxellois.
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