Cette année est exceptionnelle ! En effet, 33 enfants étudient au CCLJ pour devenir Bnei-Mitzva. En dehors du plaisir que nous avons à accueillir tant de nouvelles familles, il nous invite à réfléchir au sens de notre action et à la transmission que nous avons envie de porter vers des groupes de plus en plus nombreux.
Marginalisé, parfois dénigré ou insulté, notre programme de préparation à la bar ou bat-mitzva fait aujourd’hui référence au sein de la communauté juive belge, mais aussi au-delà de nos frontières. S’il constitue à présent un rite « normal », reconnu à côté des programmes proposés par les différentes synagogues, il reste cependant exceptionnel, parce qu’au CCLJ, nous avons fait le pari de l’ouverture et de l’égalité.
Ainsi, il est hors de question qu’un enfant se voie refuser l’accès au programme, parce qu’il ne correspondrait pas aux critères halakhiques de judéité. « Est juif celui que se sent juif » n’est pas qu’une belle phrase, c’est une idée que nous mettons en application au quotidien, notamment dans l’accueil de nos Bnei-Mitzva. Nos futurs Bnei-Mitzva viennent de familles ashkénazes ou sépharades, très attachées aux traditions ou non, ils sont issus de couples juifs ou mixtes, étudient dans des écoles juives ou des établissements publics, viennent de milieux engagés ou non politiquement, sont impliqués dans la communauté depuis toujours ou en sont fortement éloignés. Peu importe, ils sont juifs et se sentent juifs. Mais avant tout, ils sont une bande de garçons, et de filles, heureux et volontaires, 33 enfants qui empruntent le chemin qui mène vers l’âge adulte et prendront librement, après un an d’étude et de recherches, l’engagement d’être et de rester juifs.
Notre programme est aussi exceptionnel, parce qu’il promeut une stricte égalité entre filles et garçons. Depuis toujours, le CCLJ s’est farouchement opposé à l’idée que les filles n’avaient pas le droit d’accéder à l’étude de la Torah, c’est-à-dire à la connaissance, sous prétexte qu’elles n’en auraient pas besoin pour assumer leur « vrai » rôle, celui de futures mères et de bonnes épouses juives.
Passeurs de lumière
Si dès la création de ce programme, l’une des idées fortes était d’enfin établir cette égalité parfaite entre filles et garçons, et alors que nous sommes au 21esiècle, elle est loin d’être appliquée dans tous les milieux. Combien de temps devrons-nous encore entendre ces discours nous assénant que l’égalité entre hommes et femmes n’existe pas et n’est pas nécessaire, puisqu’ils cohabitent en une harmonieuse complémentarité !
Ce discours rétrograde est inacceptable et chaque année, nos Bnei et Bnot-Mitzva nous le prouvent par l’exemple.
Nos 33 futurs Bnei-Mitzva étudient dans la joie depuis le mois de septembre, mais nos sages nous expliquent que la connaissance ne suffit pas et qu’elle doit s’accompagner de mérites et d’actions. Lors de leur parcours, ils accompliront un travail de bénévolat dans l’une des institutions juives pour marquer leur volonté de devenir des adultes responsables. Mais leur premier pas dans la communauté se fera lors de la fête de Hanoucca qui se déroulera le 14 décembre au CCLJ. Il est de tradition que les Bnei-Mitzva y allument les bougies de la Hanouccia. Le Talmud nous dit que la lumière est comme la connaissance, elle ne diminue pas lorsqu’on la partage. Ils seront donc, pour un soir, les passeurs de lumière et de savoir.
Entourés par les enfants de plus en plus nombreux de l’Ecole Shalom Alehem, mais aussi par les haverim et les madrihim de la JJL, ils vous attendront pour célébrer la victoire de la clarté sur les ténèbres et des valeureux Maccabim qui prirent leur destin en main pour sauver le Peuple juif.
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