Les chambres à gaz de Sobibor ont été retrouvées

Les nazis croyaient avoir détruit entièrement le camp d’extermination de Sobibor (Pologne). Ils se sont trompés. Après huit ans de fouilles, une équipe d’archéologues a retrouvé ses chambres à gaz

A la différence des camps « de concentration », où les Juifs (et les autres) en bonne santé devaient travailler avant de mourir, Sobibor était un camp « d’extermination » : les déportés y étaient envoyés pour être gazés.

Ce fut le cas pour les quelque 250.000 Juifs qui y périrent durant les 18 mois (d’avril 42- à octobre 43) d’existence du camp. A cette date, 600 détenus se révoltèrent dont 150 à peine  parvinrent à fuir.

Paniqués, les nazis décidèrent de détruire complètement le camp : les baraques furent démantelées, les puits comblés, les chambres à gaz enfouies, des routes tracées  et des cultures plantées sur l’ensemble de l’emplacement.

Mais c’était compter sans la longue mémoire des survivants : depuis 2007, une équipe d’archéologue conduite par l’Israélien Yoram Haimi, (dont deux oncles ont été assassinés dans le camp) a entrepris de fouiller le site.

Elle a été complétée par un archéologue polonais, Wojciech Mazure et le Néerlandais Ivar Schute grâce à l’aide conjointe de l’Institut international de recherche sur l’Holocauste de Yad Vashem, la Fondation germano-polonaise et le Musée d’Etat de Majdanek.

Elle a mis à jour  des milliers d’objets personnels ayant appartenu aux déportés dont une alliance portant la formule hébraïque que le marié déclare à son épouse : « Te voici consacrée à moi »

« Une des trouvailles les plus poignantes de ces découvertes emplie d’émotion » a déclaré  Y. Haimi. Et puis, sous le bitume d’une route, les archéologues ont fini par retrouver l’immeuble où se trouvaient les chambres à gaz :

« Nous avons été surpris par la taille de l’immeuble et le bon état de conservation des parois » a encore déclaré l’archéologue israélien. De son côté,  le Dr David Silberklang de Yad Vashem a affirmé :

« Il s’agit d’une découverte très importante dans la recherche sur la Shoah : nous allons à présent être en mesure de savoir très exactement comment se déroulait le processus d’assassinat à Sobibor »

« Il faut comprendre, a-t-il expliqué, qu’aucun Juif travaillant dans et autour des chambres à gaz n’a survécu.  Ce qu’on a trouvé constitue tout ce qui reste de ceux qui ont été assassinés, et cela ouvre une fenêtre sur que ces gens ont enduré au jour le jour »

Cette exhumation permettra également d’estimer avec davantage de précision le nombre de personnes qui ont péri dans le camp. L’ensemble des trouvailles faites jusqu’à présent confirment aussi –si besoin était- les témoignages des rares survivants. 

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