Les extrémistes de la bande à Gaza

Selon des étudiants français, le conflit israélo-palestinien se résume à une guerre entre les Israéliens et une bande dirigée par un nommé Gaza. Une méconnaissance révélatrice. Et inquiétante.

S’il y a un sujet qui est médiatisé en permanence et sous tous les angles, c’est bien l’affrontement entre Israéliens et Palestiniens. Et pourtant… La professeur Chloé Yvroux s’est livrée à une expérience édifiante*.

Elle a interrogé, des étudiants en 2ème année d’histoire-géographie de l’Université de Montpellier en leur demandant de compléter une carte de la région avec tous les éléments dont ils avaient connaissaient.

Les réponses de ce groupe, supposé être mieux informé que le reste des Français, se sont révélées… surprenantes. Pour la majorité, la Bande de Gaza est l’unique territoire palestinien. Pour d’autres, elle va de la Méditerranée au Jourdain et sépare Israël de la Palestine

Aux yeux de certains, il s’agit de gens peu recommandables puisque « la bande à Gaza »  se compose « d’extrémistes palestiniens à l’origine de plusieurs attentats ». La Cisjordanie, elle, n’est pas présente sur la plupart les cartes ou alors à la place de la Jordanie.

Même confusion à propos des colonies : pour 5 %, des étudiants,  « la Bande de Gaza abrite une importante colonie palestinienne ». Pour 20 %, Elles ne sont « israéliennes/juives » : que pour 20 autres pourcents.

Idem pour les réfugiés. Si 40 % pensent qu’ils sont « plutôt palestiniens »,pour 10 autres pourcents, ils sont israéliens : « Israël est une terre de réfugiés ». Et ainsi de suite. Tant d’ignorance peut prêter à sourire ou à émouvoir, mais le vrai problème est ailleurs.

Déjà, cette expérience est un coup dur pour l’égocentrisme des deux camps : non, le monde ne tourne pas autour du conflit israélo-palestinien. Ce dernier a beau faire la « Une » tous les jours, aux yeux de l’opinion publique, ce n’est qu’un drame parmi tant.

Et,  comme pour les autres, « les gens » n’en ont qu’une image floue et déformée.  Les détails, les nuances, les subtilités leur échappent ou leur sont indifférents. Et, leur réaction à  priori, c’est de se rangent derrière ceux qui souffrent et de s’opposer à ceux qui font souffrir.

Au Darfour soudanais, pour les Noirs contre les Arabes. En ex-Yougoslavie, pour les musulmans (les Croates, les Bosniaques) contre les Serbes. Pour les Tibétains contre les Chinois. Et au Moyen-Orient, pour les Palestiniens contre les Israéliens.

Le poids écrasant du mot : « Occupation »

Bien sûr, pour la droite israélienne, tout cela est de la faute de la presse mondiale, majoritairement antisioniste et/ou antisémite. Sauf que les médias, s’il leur arrive d’amplifier ou de déformer, ne s’en basent pas moins sur le parfois désagréable principe de réalité.

On peut l’expliquer, l’excuser, le nuancer autant qu’on le désire, le fait demeure que ce sont les Israéliens qui occupent et oppriment les Palestiniens. A partir de là, ce que les premiers peuvent faire de bien ou ce que les seconds de mal n’a pas vraiment d’importance.

C’est dire si les activités frénétiques de certaines organisations ou sites juifs pour « ré-informer », « rectifier », voire poursuivre en justice les médias, sont futiles. Y compris lorsqu’ils ont raison, ce qui arrive parfois.

Il en va de même au demeurant pour les coûteuses campagnes de communication des Israéliens. Il n’est d’ailleurs pas interdit de trouver ironique que ce gouvernement se voie contraint de mettre en avant ce qu’il déteste et combat.

L’indépendance d’esprit, la vivacité de la démocratie, le foisonnement de la culture, la tolérance des mœurs, le goût de la fête, le désir de paix… Tout cela vanté par une coalition d’ultras et d’extrémistes de droite qui ne rêvent que de l’exact contraire…

Mais même les immenses et bien réelles qualités que possède Israël pèsent peu face au poids écrasant de ce simple mot : « Occupation ». Et c’est l’inverse vis-à-vis des incontestables tares des Palestiniens : la corruption, l’autoritarisme, la bigoterie, les crimes sanglants, etc.

Pour l’opinion mondiale, tout cela est quantité négligeable devant le vocable : « Peuple opprimé ». Dans ces conditions, que des étudiants sachent ou non qui est ce type, Gaza, a-t-il vraiment de l’importance ?

*http://blog.mondediplo.net/2011-11-07-Bandes-a-Gaza-que-savent-les-etudi…

 

]]>