On ne s’ennuie jamais avec les « craignant- Dieu ». Cette fois, il est question de poils, de taper sur les vieilles et de lunettes anti-femmes.
Les « haredi » ont définitivement un problème avec les poils. Et pas seulement ceux des femmes. Avec la barbe des hommes aussi. C’est que le Lévitique est très clair sur ce point essentiel :
« Vous ne couperez point en rond les coins de votre chevelure, et tu ne raseras point les coins de ta barbe. » (19 :27 ). Ce que le Talmud complète en précisant qu’il est interdit d’utiliser une lame qui entrerait en contact avec la peau.
Mais comme nos bons Juifs ont coutume de s’arranger avec la Divinité, certains ont estimé que l’usage du rasoir électrique était licite puisque la lame ne touchait pas directement le visage.
Bon, ça se discute. Et même ça s’interdit : les rabbins de la très pieuse colonie de Kiryat Sefer (Cisjordanie) ont décrété que les salons de coiffure ne pouvaient plus utiliser un instrument à ce point impur que la Torah refuse même d’en citer le nom.
Sinon, plus de certification casher pour eux. Ce qui a permis de mettre à jour un autre scandale : jamais aucun des barbiers du coin n’a demandé à être certifié…
En Arabie, il y a la « mutawa », la police religieuse. En Iran, on les appelle « Basiji ». En Israël, les ultra-orthodoxes ont les « patrouilles de la pudeur ». Comme les intégristes ne sont pas encore au pouvoir dans l’Etat juif, ces dernières n’ont qu’une existence officieuse.
Ce qui ne les empêche pas, comme leurs homologues musulmans, de sévir contre toute attitude « laxiste ». Surtout contre les femmes, par nature indécentes, qui osent marcher dans la rue. Ou celles qui, dans les bus, s’asseyent près d’un homme qui n’est pas leur époux.
Dernier exploit en date : ces braves gens ont envahi le domicile d’une femme de 70 ans, ils l’ont menottée, frappée avec une barre de fer, lui ont infligé des blessures à la jambe et brisé une main avant de s’enfuir en volant son ordinateur et son portable.
La raison de ces châtiments ? C’était une missionnaire qui recevait des non-Juives chez elle, ce qui avait « une mauvaise influence » sur le quartier. Sauf qu’en fait, elle était elle même ultra-orthodoxe et enseignait le judaïsme à des femmes désireuses de se convertir.
Et même si, aurait-ce été une raison ? D’autre part, si on prenait en compte ce genre de détails, on ne pourrait plus brutaliser personne non plus. Ceci dit, on assiste peut-être au début d’une révolution copernicienne dans le chef de ces gens.
En effet, se sont dit quelques-uns de ces patrouilleurs, plutôt que d’essayer de « tchadoriser » les femmes, tâche pénible et ingrate, n’est-il pas plus facile de ne pas les voir ? Le plus simple est bien sûr de marcher les yeux baissés, mais sur la durée, c’est assez déprimant.
Une capuche ou une visière ? Trop en décalage avec leurs costumes traditionnels. Ils ont donc inventé les lunettes à vision floue. En fait, de simples autocollants semi-translucides qu’il suffit de placer sur les verres.
Du coup, l’homme pieux voit un peu devant lui, ce qui est toujours utile, mais ne distingue plus les impudiques créatures qui s’étalent sur les affiches publicitaires, sans parler de celles qui se promènent en exhibant sans vergogne leur bras nus.
Certes, l’œcuménisme n’est pas leur fort, mais les intégristes musulmans ne seraient-ils pas bien avisés d’adopter cette invention, quitte à la rebaptiser « lunettes islamiques » ? Elles iraient fort bien aussi à ces charmants jeunes gens qui ne se tiennent plus quand passe un jupon.
L’idée est bonne, mais sans doute inapplicable : elle sous-entend que tous ces gens devraient renoncer au divin plaisir de tourmenter la moitié de l’humanité. Et cela, aucun de leurs livres sacrés n’en fait une obligation.
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