Les Géotrouvetout israéliens se lâchent

Si le cher Prévert revenait, il aurait bien des choses à ajouter à son inventaire. Dont beaucoup créées en Israël. Petit échantillon.

Vous avez un message de votre arbre

« Chef, un p’tit verre, on a soif ». Tel est le SMS ou le mail qu’un arbre enverra bientôt à l’agriculteur 2.0. C’est que le soleil tape fort et si on compte sur ses racines pour s’hydrater, on est bon pour se dessécher sur pied.

C’est donc à l’homme d’arroser sa plantation s’il veut que baobabs ou bonsaïs prospèrent. Oui, mais quand ? C’est qu’il ne faudrait pas non plus qu’ils meurent noyés… Jusqu’à présent, le pauvre homme en était réduit à vérifier sans cesse l’état du sol.

Terminée cette corvée, grâce à cette sonde israélienne qui contrôle le « stress hydrique » de nos amis végétaux. Et qui, au plus petit manque, vous bombarde de messages de plus en plus pressants (insultes programmables moyennant un modique supplément).

N’empêche que cela risque de faire bizarre quand une vigne enverra un texto au vigneron pour lui rappeler qu’il a promis de payer un coup à boire à tout le verger…

Comme on connaît ses seins, on les honore

En Terre sainte, comme chez nous, la tendance est de traiter les seins des femmes comme des enfants : on veut qu’ils grandissent et qu’ils se tiennent bien. Rude boulot. Et non dépourvu de risques. Voyez le dernier scandale causé par les prothèses mammaires PIP.

De ce point de vue, les soutiens-gorge sont bien moins dangereux. Mais, outre qu’ils sont parfois, nous dit-on, malcommodes à porter, ils ont un très gros défaut. Ils cessent de fonctionner dès qu’on les ôte.

D’où cette géniale idée d’un chirurgien israélien : le soutien-gorge interne. Comment cela marche ? Vous choisissez taille et forme. Ensuite, avec du matériel médical non intrusif (silicone, fils, petites vis), le chirurgien prépare des « coupoles » à la dimension choisie.

Après quoi, il suffit de deux petites incisions et d’une opération à peine invasive, pour les installer. Et quelques jours plus tard, vous pouvez les arborer sur une plage de Tel-Aviv ou d’ailleurs. Les Sages avaient raison qui disaient que l’essentiel, c’est la beauté intérieure…

Pauvre comme votre sperme

En une suite assez logique du précédent, les chercheurs israéliens tentent aussi de traiter un autre gros souci des hommes : leur infertilité croissante qui serait due, semble-t-il, aux innombrables pollutions chimiques qui les assaillent.

Le sperme de l’homme est aussi à sec qu’un compte d’épargne grec. Là où il faudrait des centaines de millions de spermatozoïdes frétillants d’enthousiasme, c’est à peine s’il en flotte une dizaine en pleine dépression post-coïtale…

D’où l’idée de réenchanter notre virilité grâce aux cellules-souches dites « totipotentes ». C’est-à-dire qui peuvent se transformer en tout ce qu’on veut, y compris donc, ces piliers de la reproduction. Hélas, il s’agit d’un travail lent et complexe.

Mais qui avance bien. Pour une recherche scientifique, s’entend. Les chercheurs espèrent aboutir d’ici une dizaine d’années. Certes, c’est long, mais d’autre part, si on ne commence jamais, cela prendre encore plus de temps

Dormez, déridez-vous

Avoir une poitrine en forme(s), c’est bien, arborer un visage sans rides, c’est agréable aussi. Surtout si on peut l’obtenir rien qu’en dormant. C’est ce que promet une société israélienne, grâce à une taie d’oreiller de son invention qui contient des ions de cuivre.

Et, pendant que vous dormez, la transpiration naturelle de votre visage libère ces petites bêtes. Lesquelles n’ont alors rien de plus pressé que de stimuler votre production de collagène. Résultat, deux semaines plus tard, vos rides sont comblées et vous aussi.

Dit comme cela, ça ressemble aux époustouflants produits de « télé-achat » genre fer à repasser musical à roulettes. Mais quand on sait que c’est déjà cette entreprise qui a vendu à Tsahal des chaussettes qui restent inodores durant 15 jours, on hésite à ricaner…

Un propriétaire qui a du chien

Tant qu’on n’aura pas mis au point le chien non crottant, leurs (par ailleurs) bienheureux maîtres auront un souci. Comment, en citoyens responsables, peuvent-ils se débarrasser de leurs déjections ?

Les chercheurs israéliens ont trouvé. Pas tout à fait, certes : il faut toujours les ramasser d’une façon ou d’une autre. Par contre, ils ont rendu la suite du processus nettement plus agréable, voire amusante.

Jusqu’à présent not’ bon maître devait se mettre en quête d’une poubelle tout en tenant avec dignité la chose du bout des doigts et en défiant du regard les passants d’émettre un commentaire. Terminé, tout cela.

Dorénavant, il suffit de déposer les déchets canins dans une petite boite conçue pour (à preuve, elle est ignifugée) de la refermer et d’activer par pression une petite cartouche qui les transforme en un petit tas de cendres.

Sachant que, rien qu’en Belgique, on compte plus d’un million de chiens devant s’exprimer environ trois fois par jour -et 75 millions en Europe-, on se dit que la balance commerciale israélienne ne sera plus dans le rouge avant un moment.

Et tant pis pour le bonheur qu’on n’éprouvera plus en marchant dedans du pied gauche…

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