Les Juifs français plus nombreux sur le chemin de l’alya

Rien de moins qu’une pleine page dans le quotidien Le Parisien-Aujourd’hui en France… Souvent évoqué par la presse juive, le phénomène de l’alya des Juifs français intrigue désormais la presse nationale.

Un intérêt soudain qui s’explique par le nombre croissant de Juifs faisant le grand saut et démarrant une nouvelle vie en Israël. De 1.800 personnes en 2012, « la montée » des Juifs français en Terre sainte s’est en effet accélérée en 2013 pour atteindre 600 familles, soit, en tout, 2.600 personnes.

En progression constante, ce chiffre interroge. Quelles raisons peuvent bien expliquer un tel exode ? Outre l’attachement à l’idéal sioniste, les causes de l’alya 2013 tiennent surtout au difficile contexte français. Coincés entre la peur croissante d’une « islamisation » de l’Europe et la crainte d’une extrême droite en progression depuis l’arrivée de Marine Le Pen à la tête du Front National, Séfarades et Ashkénazes optent plus que jamais pour le départ. Ajoutez à ce climat d’insécurité ressentie la crise économique et le manque d’opportunités pour une jeunesse diplômée, mais sans certitude d’avenir et vous obtiendrez logiquement de nombreux candidats à l’alya.

Une fois arrivés en Israël, les « olim » bénéficient d’un encadrement et de quelques coups de pouce économiques de la part de l’Agence juive afin de faciliter leur installation (réductions d’impôt, cours d’hébreu, aides au logement et à l’insertion des jeunes enfants dans le système scolaire israélien). Malgré ces dispositions, le choc est parfois rude pour des Français peu habitués au mode de vie israélien, hutzpah* incluse… La langue et les habitudes changent. Les salaires sont moins élevés qu’en France et le spectre du conflit israélo-palestinien fait quasi systématiquement irruption dans le quotidien. De fait, pour une partie des émigrants, l’échec guette. D’après Le Parisien, le taux de retour des candidats à l’alya dans l’hexagone avoisinerait les 30%. Pour autant, ces nombreuses histoires d’échecs ne semblent pas décourager les 600 familles parties cet été vers Tel-Aviv, Haïfa ou Jérusalem. Une question vient alors : si l’alya se poursuit à ce rythme plusieurs années durant, la France, plus grand foyer de peuplement juif d’Europe (près de 600.000 âmes), risque-t-elle de se vider de ses Juifs ? A court terme, c’est peu probable. L’attachement des Juifs à la République n’est plus à prouver et les conditions d’un départ massif ne sont pas réunies. Sur le long terme, par contre, le pessimisme est de mise…

*mot hébreu qui signifie « toupet »

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