Les Juifs moins que les chiens, le Parquet classe sans suite

En 2014, en pleine crise entre Israël et le Hamas à Gaza, un patron de café de Saint-Nicolas (Liège) affiche sur la vitrine de son établissement un écriteau « L’entrée est autorisée aux chiens, mais aux sionistes en aucune façon ! » Il précise sa pensée en langue turque : « Dans ce commerce, les chiens sont autorisés, mais les Juifs en aucun cas ! » Un citoyen dépose plainte auprès du parquet pour violation de la loi antiraciste. Cinq ans plus tard, au terme d’une interminable instruction, celui-ci classe la plainte sans suite.

A l’époque des faits, l’incident avait fait le tour des rédactions belges et internationales. Le bourgmestre de Saint-Nicolas, Jacques Heleven (PS), avait immédiatement envoyé sa police faire retirer ce placard antisémite qui rappelait les pires heures de l’histoire européenne. On aurait pu attendre du ministère public la même détermination. On reste perplexe devant le caractère incompréhensible et inacceptable de sa décision. La mollesse et l’indifférence face aux manifestations de racisme et d’antisémitisme encouragent les postures toxiques et la libération de la parole. Rappelons les chants de supporters dans les stades de football ou le scandaleux char au carnaval d’Alost. Ainsi que la passivité du personnel politique face à ce dernier événement.

Il ne suffit pas de promulguer de bonnes lois. Encore faut-il la volonté politique de les appliquer avec persévérance, chaque fois qu’il convient. Le ministre de la Justice possède un pouvoir d’injonction sur les parquets. A lui de l’activer afin que ceux-ci poursuivent ce genre d’actes avec la rigueur qu’ils méritent. C’est sa responsabilité. Faute de quoi on est en droit de lui demander des explications. Ignorées, les lois perdent en substance et finissent par tomber en désuétude. Et c’est la démocratie qui sort vaincue.

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