Le Centre Communautaire Laïc Juif David Susskind (CCLJ) est extrêmement inquiet de la politique que le gouvernement fédéral mène envers les migrants.
Nous ne pouvons pas ne pas nous souvenir de notre histoire et en particulier de l’expérience de nos parents et grands-parents qui, dans les années 1930, fuyant l’Europe Centrale et Orientale, se sont heurtés à des pouvoirs publics déterminés à ne pas les laisser entrer sur leurs territoires.
Fort heureusement, nous ne sommes plus dans les années 1930. La population belge se mobilise et fait preuve d’une générosité qui mérite notre admiration, car la réalité, qu’elle nous plaise ou non, est cruelle : nombre de migrants fuient leur pays pour sauver leur vie. Notre devoir est donc de les protéger, car eux aussi ont droit à la sécurité.
En menant une chasse aux migrants au parc Maximilien et dans les gares, le gouvernement criminalise des individus qui n’ont commis ni crime, ni délit. La plupart d’entre eux désirent se rendre en Grande-Bretagne et ne représentent aucun danger pour nos concitoyens.
S’ils se retrouvent souvent au parc Maximilien et aux abords des gares, c’est précisément parce que les autorités belges ne leur proposent pas de structures temporaires d’accueil, d’hébergement et d’orientation.
Le fait de se retrouver illégalement en Belgique, non par choix mais par défaut, fait-il d’eux des délinquants ? Cela fait-il des familles qui les accueillent des complices perquisitionnables au petit matin ? Poser la question, c’est y répondre.
Nous savons que l’immense majorité de nos ministres et députés sont soucieux du respect des Droits de l’Homme. Nous savons que la question de l’immigration est complexe, en particulier dans ces temps violents et la communauté juive est bien placée pour le savoir. Mais nous savons aussi -car l’histoire nous l’enseigne- que notre dignité passe par le respect de la dignité d’autrui.
Le CCLJ a confiance dans les institutions de notre pays et appelle ses gouvernants -tous partis confondus- à dépasser les clivages et intérêts partisans pour préserver ce qui nous unit : notre humanité.
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