Après un mois de recherche et la motivation sans faille de Mohamed A., la petite boite en métal contenant de précieuses archives familiales datant notamment de la guerre a pu être rendue à ses propriétaires.
« A qui appartiennent ces documents ? En quête permanente d’éléments métalliques ou en bois (je suis artiste), j’ai trouvé perdue au milieu d’un tas de déchets de la rue Blaes (hauteur place du Jeu de Balle), une petite boîte métallique qui n’y avait probablement pas sa place… Voici ce qu’elle contient : étoile juive en tissu, carte d’identité Rivka Kaliski, permis de conduire Maurice Courbain, carnet de mariage, carnets de notes privées, correspondance du monde entier (Etats-Unis, France, Allemagne), articles de journaux (1970), journal d’école pour les 25 ans de l’Athénée Emile Bockstael (« Le Petit Emile »), etc. Je tiens tous ces documents à votre disposition. Si vous êtes un parent ou connaissez cette famille, n’hésitez pas à me contacter moi ou la rédaction… ». Telle était ainsi stipulée l’annonce parue dans notre Regards d’octobre et qui vient de trouver une issue des plus heureuses.
Reprenons depuis le début pour ceux qui auraient manqué quelques épisodes de cette magnifique histoire. Au mois de septembre dernier, notre rédaction reçoit copie d’un mail adressé à Judith Kronfeld, de l’Union des déportés, dans lequel un certain Mohamed A. explique avoir retrouvé, au hasard de ses recherches de matériel pour pratiquer son art, une petite boîte en métal remplie de toutes sortes de documents familiaux. « Ce que j’ai trouvé abandonné dans ‘le quartier du jeu de balle’, devrait être rendu aux héritiers de cette famille ou à qui de droit, car cela fait partie intégrante probablement du patrimoine de celle-ci », nous confiait-il alors. « En découvrant l’étoile « maudite » et son épingle, j’ai tout de suite compris que cet objet avait certainement sa place ailleurs que dans une déchetterie improvisée dans une rue du centre de la capitale internationale que nous habitons ! » Recontacté par nos soins, Mohamed A. accepte notre proposition de mettre une petite annonce pour retrouver le fameux propriétaire de ces documents, qu’il a même pris la peine de scanner et de ranger dans un classeur.
Très touchés par son initiative et sans vouloir le décevoir, nous le prévenons toutefois que peut-être personne ne répondra, mais notre homme semble confiant. Les réponses à son appel seront d’ailleurs nombreuses, l’annonce fera réagir jusque Glasgow. Si certains croient y voir d’abord un lien entre Rivka Kaliski et la célèbre famille de peintres, il n’en sera finalement rien. « J’ai continué mes recherches tous azimuts », nous précisait Mohamed A. il y a quelques jours, « ce qui m’a conduit à contacter le Musée juif de Malines. Le nom de Monsieur Coeurnelle ayant été cité, j’ai trouvé ses coordonnées sur Internet et j’ai appelé… ».
Le Monsieur Coeurnelle en question se souvient en effet avoir il y a peu mis de l’ordre dans sa maison, « c’est par imprudence que tous ces documents se sont retrouvés là », déplore-t-il, très satisfait de les avoir récupérés. Mohamed A. n’aura pas eu l’occasion de rencontrer la fille de Rivka Kaliski, Nicole Courbain, souffrante, mais a tout remis en mains propres à son mari, « même le stylo provenant du Pérou ! », insiste-t-il. « A ceux qui oseront encore me dire que tout cela n’a pas existé, je leur dirai moi que j’ai eu cette étoile entre les mains ! », nous confie-t-il. « Cette histoire a eu une belle fin et montre qu’un Homme égale un Homme sur cette terre ».
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