Maman : trentenaire un peu débordée
Enfants : un ptit gars de 6 ans et une blondinette de 3 ans, qui adorent l’école
Le ptit gars : « C’était super cool ! »
La rentrée était triple, cette année, pour notre petite famille, sans parler de la reprise du travail, dont la difficulté est généralement proportionnelle au nombre de jours de congé, ce qui n’est pas très juste. Soit.
Pour le ptit gars, l’entrée en 1ère primaire, avec changement de maîtresse et mélange des classes, semble s’être faite de la façon la plus sereine. Les enfants ont retrouvé leurs copains et les parents… aussi !
Du côté de la blondinette, la 1ère maternelle était forcément un énorme changement. Après la délicieuse crèche du CCLJ, avec ses amis de déjà toute une vie, comment allait-elle réagir entourée de 24 nouveaux camarades ? N’allait-elle pas se sentir seule dans la cour de récré, devenue la petite au milieu des grands ? Ici, plus de chansons en hébreu, plus de hallah le vendredi, ni de visite chez les Papys et Mamys de l’Heureux Séjour. Un tout autre rythme « auquel elle n’aura d’autre choix que de s’habituer », me disais-je, connaissant malgré tout bien l’école et prémunie de la bonne expérience de son aîné.
J’ai conduit la blondinette vers son institutrice, qui semblait déjà manquer de bras pour réconforter les plus sensibles. La nôtre a préféré se tourner vers la petite cuisinière, la passerelle de jeux et Yakari le cobaye, pressée de passer aux choses sérieuses. Alors que je lui annonçais mon départ, appréhendant sa réaction… elle a été on ne peut plus claire. Au lieu du traditionnel bisou, j’ai en effet eu droit à un magistral « non ! », du genre « ooh non, ma mère, la honte ! », qui m’a fait repartir comme j’étais venue, la gorge un peu plus nouée.
La troisième rentrée était peut-être la plus fameuse : le mouvementde jeunesse ! Certes, le ptit gars a été baigné depuis sa naissance dans cette ambiance particulière, pour être lui-même la quatrième génération de la famille paternelle à y faire son entrée. Un événement dont son papa n’est pas peu fier. C’est moi qui me suis interrogée.
Nous avons volontairement fait le choix d’une école non juive et d’un mouvement de jeunesse juif, pour lui apporter toutes les richesses de cette double identité, belge et juive. Pour l’ouvrir à la diversité, l’insérer dans la réalité. Mais cette entrée au mouvement, pour moi qui ai été élevée « à côté » de la communauté, plutôt qu’en son sein, m’a soudain fait prendre conscience d’une chose : le ptit gars qui était jusqu’ici comme tout le monde, juif non reconnaissable parmi la foule, se retrouve désormais « juif parmi les Juifs », directement identifiable par sa houltsa (chemise) et son étoile de David géante…
M’est revenu ce sentiment étrange de ne pas vouloir être reconnue, tout en souhaitant sincèrement transmettre à mon enfant les fondements de son identité. En le voyant revenir de sa sortie au parc, vêtu de sa superbe houltsa en provenance directe d’Israël, avec un sourire aux lèvres laissant échapper un « c’était super cool ! » sans ambiguïté, j’ai décidé de l’inscrire pour l’année…
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