Les Républicains, « meilleurs amis pour la vie » d’Israël ?

Dans la course à l’élection présidentielle, quasi tous candidats du Parti républicain soutiennent avec enthousiasme Israël. Le mauvais côté, c’est qu’ils sont souvent plus sionistes que le gouvernement israélien lui-même. Le bon, c’est que ceux qui sont vraiment excessifs ont peu de chance d’être élus.

Le Parti républicain a bien changé depuis l’époque où le Président George H.W. Bush avait contraint le Likoud à participer à la conférence de paix de Madrid (1991). C’est que, selon nombre d’analystes, cette attitude lui avait coûté sa réélection…

Depuis, les Républicains sont devenus les plus fervents partisans d’Israël. Et avec la montée en puissance du Tea Party où les chrétiens fondamentalistes sont légion, ils sont même de plus en plus pour le Grand-Israël. Si, du moins, on en croit leurs discours électoraux…
 
Rick Santorum : « Il n’y a pas de Palestiniens en Cisjordanie »

L’ex-sénateur de Pennsylvanie, arrivé deuxième dans le « caucus » de l’Iowa (3/1) le martèle à chacun de ses meetings : « Il n’existe pas de Palestiniens, tous ceux qui vivent en Cisjordanie sont israéliens. C’est une terre israélienne ».
Il va ainsi plus loin que l’actuel gouvernement de Jérusalem qui considère la Cisjordanie comme un « territoire contesté » et ne désire pas, a priori, accorder à tous les Palestiniens la citoyenneté de leur pays.

Dans la foulée, Santorum est aussi partisan de bombarder les installations nucléaires iraniennes. Par contre, il est opposé au versement d’aides américaines aux pays étrangers, « y compris à Israël ».

Rick Perry : « Le soutien à Israël est le cœur de ma stratégie »

A l’inverse de Rick Santorum, Rick Perry, gouverneur du Texas (où il a succédé à G.W. Bush) entend, lui, s’il devient président « augmenter l’aide stratégique à Israël dans tous les domaines et sous toutes les formes ».

Il se présente comme un ancien et fervent partisan de l’Etat juif (« que j’ai visité pour la première fois, voici plus de vingt ans). Chrétien évangélique, il rappelle que « la plupart de nos lois viennent de celles de la Torah ».

Il aime donc Israël et entend lutter contre « ceux qui tentent de le blesser ». Parmi eux, il compte Barack Obama qui a « sapé systématiquement les relations avec Israël ». Certes, il soutient l’objectif d’un Etat palestinien, mais aux conditions de Benjamin Netanyahou.

A savoir, reconnaissance d’Israël comme Etat juif, satisfaction de tous les critères de sécurité israéliens, renonciation au terrorisme, non-division de Jérusalem, etc. Et de conclure : « La relation américano-israélienne (…) est le cœur, la pierre angulaire de ma stratégie globale ».

Newt Gingrich : « Les Palestiniens n’existent pas et ce sont tous des terroristes »

L’ancien président de la Chambre des représentants (1995 à 1999) est sur la ligne de l’ancien Premier ministre, Golda Méir, dans les années 60 : « les Palestiniens n’existent pas ». Ajoutant : « ces gens sont des terroristes. Ils enseignent le terrorisme dans leurs écoles ».

Une position qui a conduit la droite israélienne à le proclamer « vrai champion d’Israël ». Même si -ou, parce que- sa démarche est en totale contradiction avec la politique de tous les présidents des Etats-Unis, démocrates ou républicains, depuis trente ans.

Au demeurant, peu après cette déclaration, le porte-parole de M. Gingrich a « clarifié » ces propos en déclarant que le candidat « soutient une paix négociée entre Israël et les Palestiniens qui comprendra nécessairement un accord entre Israël et les Palestiniens »…

Il faut dire que la presse venait de publier plusieurs photos de M. Gingrich serrant avec effusion la main de Yasser Arafat, leader terroriste de ce peuple qui n’a pas d’existence…

Mitt Romney : « Mon premier déplacement de Président aura lieu en Israël »

Ex-gouverneur du Massachussetts (2003-2007), Mitt Romney, milliardaire de religion mormone et actuel favori des sondages, est lui aussi tout à fait pro-israélien : « Je veux que le monde sache que les liens entre Israël et les Etats-Unis sont indéfectibles ».

Et il tacle dans chaque discours Barack Obama qui a « entravé de façon incommensurable le processus de paix au Moyen-Orient » en « appelant Israël à en revenir à des frontières indéfendables ». (Celles d’avant juin 1967. Ndlr)

Mitt Romney estime aussi que Mahmoud Ahmadinejad, le président iranien, devrait être poursuivi pour « incitation au génocide » à l’égard des Israéliens. Il envisage également, en cas d’élection, « des frappes chirurgicales, pour (…) décapiter le régime iranien ».

Ron Paul : « Israël, un pays agressif et national-socialiste »

Résolument atypique dans ce domaine comme dans la plupart des autres, Ron Paul est, lui, tout à fait anti-Israélien. Même si son credo isolationniste lui laisse peu de change d’obtenir l’investiture républicaine, il n’en est pas moins arrivé 3e dans l’Iowa, avec 21% des votes.
Ron Paul s’oppose à la « politique interventionniste » des Etats-Unis en général et au Moyen-Orient, en particulier. Il considère que c’est cette dernière qui a suscité les attaques du 11 septembre 2001.

Il est aussi contre toute action à l’encontre de l’Iran (« Il n’y a aucune preuve qu’il a la bombe »). S’il est élu, a-t-il annoncé, il coupera toute aide économique et militaire à Israël « comme à tous les autres Etats de la planète ».

Selon un de ses anciens conseillers, Ron Paul n’est à coup sûr pas antisémite, mais il est, par contre, anti-israélien : « Il pense qu’Israël présente plus d’inconvénients que d’avantages, surtout pour les contribuables américains ».

En 1987, il décrivait Israël comme un pays « agressif et national-socialiste ». Rien ne montre qu’il ait modifié son opinion depuis.  Tous ces discours (sans compter celui de Ron Paul, bien sûr) suffiront-ils à emporter le vote juif ? Selon les sondages, rien n’est moins certain….

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