Voici une lettre ouverte que le Réseau J-Link (signée par le CCLJ) adresse au président de l’Etat d’Israël pour dénoncer la présence de partis racistes à la Knesset. Une telle présence est illégale au regard de la loi israélienne.
Lors des dernières élections générales israéliennes, une alliance d’extrême droite a fait son entrée à la Knesset. Au sein de ce groupe parlementaire, on retrouve entre autres Otzma Yehudit (« Force juive »). Un parti nationaliste religieux rassemblant des émules de feu le rabbin extrémiste Meïr Kahana, chassé de la Knesset par la Cour suprême pour cause de racisme dans les années 1980.
Avant que le pouvoir judiciaire ne règle son sort, il suffisait que Meïr Kahana, seul représentant de son parti Kach (« Ainsi »), monte à la tribune pour que le très à droite Premier ministre Yitzhak Shamir et que tous les députés du Likoud quittent ostensiblement l’hémicycle. Il n’appartient qu’à Benjamin Netanyahou et les députés du Likoud de reproduire le geste de leurs prédécesseurs.
Pour marquer notre profonde indignation face à la présence de ces députés racistes et homophobes au Parlement israélien, nous publions ci-dessous une lettre ouverte que le réseau international J-Link (que le CCLJ a signé) adresse au président de l’Etat d’Israël.
***
Cher Président Rivlin,
J-Link, le réseau international d’organisations juives progressistes, ainsi que de nombreuses organisations juives à travers le monde, considèrent avec gravité l’entrée à la Knesset des six députés de l’alliance d’extrême droite composée de trois formations (HaTzionut HaDatit, Otzma Yehudit et Noam) et de celui qu’on leur a attribué en plus sur la liste du Likoud, qui soutiennent des opinions racistes, homophobes et fondamentalistes.
En 1995 la Knesset avait voté un amendement aux lois fondamentales stipulant qu’un parti ayant une plateforme raciste ne pouvait pas participer aux élections.
Otzma Yehudit qui est composé d’anciens disciples et héritiers politiques de Meïr Kahana, dont le parti Kach avait été interdit de participer aux élections en 1988, soutient l’annexion de la Cisjordanie, l’émigration des non-Juifs d’Israël et l’expulsion des Palestiniens et des Arabes israéliens qui refusent de déclarer leur fidélité au « Grand Israël ».
La possibilité qu’un tel parti puisse devenir un partenaire de n’importe quelle coalition israélienne est une tache sur la démocratie israélienne. Elle détériore la position d’Israël parmi les nations et les citoyens du monde. Elle choque et indigne les organisations juives et les personnes qui soutiennent les valeurs juives de tolérance, de démocratie et de droits de l’homme.
Nous vous exhortons, Monsieur le Président, à ne pas prendre en considération ces partis dans vos délibérations pour former la future coalition israélienne.
Respectueusement
Le Comité de coordination de J-Link
***
J-Link est un réseau international d’organisations juives progressistes. Nous partageons l’amour d’Israël et un engagement en faveur de la démocratie, des droits de l’homme, du pluralisme religieux et d’un règlement pacifique du conflit israélo-palestinien. Nous croyons aux valeurs inscrites dans la Déclaration d’indépendance d’Israël qui promet l’égalité complète des droits sociaux et politiques à tous ses habitants sans distinction de religion, de race ou de sexe. www.jlinknetwork.or
]]>