C’était le meilleur défenseur des colons de Cisjordanie parmi les Républicains candidats à la Présidence. Mais New Gingrich est au bout du rouleau. Au grand dam du milliardaire Sheldon Adelson* qui a investi des millions sur lui.
Voilà qui vous ferait perdre la foi. En la toute-puissance de l’argent, veut on dire : Newt Gingrich est définitivement largué dans la course à l’investiture républicaine pour la présidence des Etats-Unis.
Déjà son début de campagne avait été désastreux. Par la suite, l’ex-Président de la Chambre des Représentants ne l’avait emporté que dans 2 des 34 Etats qui ont jusqu’à présent organisé des primaires.
Il ne dispose que de 136 délégués sur les 1.144 nécessaires pour obtenir l’investiture de son parti. Alors que, de son côté, Mitt Romney en a 569 et Rick Santorum, 262.
Même si, supposition invraisemblable, Gingrich emportait tous les Etats encore en jeu, il lui serait mathématiquement impossible de l’emporter.
Il a donc licencié le tiers de son équipe et ne fera plus que de la figuration jusqu’à la Convention républicaine qui aura lieu fin aout à Tampa (Floride). Avec l’espoir que le favori Mitt Romney n’emporte pas d’office la nomination, ce qui relancerait la course.
Le problème, c’est que son principal –en fait, le seul- financier n’y croit plus. Sheldon Adelson, magnat des casinos de Las Vegas avait pourtant beaucoup misé sur Gingrich, « le seul qui puisse sauver l’Amérique » affirmait-il.
Et celui qui est le mieux à même de soutenir cette droite dure israélienne qu’Adelson soutient avec enthousiasme. De fait, depuis qu’Adelson était à ses côtés, Gingrich tonnait avec régularité contre les dangers de « l’islamo-fascisme » au Moyen Orient.
Il expliquait aussi que les Palestiniens étaient « un peuple inventé » et s’engageait, s’il était élu, à « refuser d’exercer la moindre pression sur Israël ». Quelques mois et 15 millions de dollars plus tard, Adelson arrête néanmoins les frais.
Ce n’est pas parce qu’on « pèse » 21 milliards qu’on doit jeter les millions par les fenêtres d’autant qu’il ne croit absolument pas à l’hypothèse de la Convention « ouverte » qu’espère Newt Gingrich.
D’où cette question non dénuée d’intérêt : le futur ex-candidat à la candidature conservera –t-il ses idéaux ultras-sionistes purs et durs ? Ou s’il reviendra-t-il à ses idées de 2005 quand il « déplorait » la colonisation de la Cisjordanie.
Cela dépendra sans doute de l’opinion des Juifs qui soutiendront sa prochaine campagne électorale. Ne disait-on pas du très corrompu Maurice de Talleyrand (1754-1838) : «Il a vendu tous ceux qui l’ont acheté » ?
*Sheldon Adelson, milliardaire et faiseur de rois ( http://www.cclj.be/article/3/2774)
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