«L’humaniste» islamiste et homophobe

Une initiative catholique conservatrice, Action pour la famille, a lancé une pétition et organisé une manifestation contre le projet de loi d’adoption d’enfants par des homosexuels en septembre 2005. Le collectif Présence musulmane, caisse de résonance de Tariq Ramadan en Belgique, animé par Yacob Mahi, s’est joint à cette initiative. Ce prédicateur islamiste proche des Frères musulmans est même repris dans le comité d’honneur de celle-ci. On peut d’ailleurs retrouver sur le site internet d’Action pour la famille un communiqué de presse de Présence musulmane et un texte violemment homophobe intitulé Une «tragédie» éthique au nom du droit de Yacob Mahi.
Quelle était la couleur des visages des militants progressistes de la gauche radicale en découvrant que leur sympathique allié islamiste s’est non seulement associé à ceux qu’ils combattent depuis toujours, les défenseurs du conservatisme moral et de la soumission, mais qu’il se montre particulièrement intolérant et haineux à l’égard des homosexuels, qu’ils soutiennent dans leurs revendications? Vert, gris? Livide sûrement. Alors qu’ils se sont associés à lui pour vanter les mérites du droit à la différence et pour dénoncer l’islamophobie en constituant notamment le COIFE (Collectif contre l’interdiction du foulard à l’école), voilà que soudain, Yacob Mahi s’érige en grand inquisiteur de l’homosexualité qu’il considère comme un trouble psychique de l’identité sexuelle!
Bien qu’il rappelle qu’il respecte le choix de vie des homosexuels dans leur être, il leur conseille vivement de ne pas trop la ramener et de raser les murs, sinon l’homosexualité risque de devenir une forme de pratique violatrice radicale et exclusive de l’identité de l’hétérosexuel. Il est piquant de constater que tout ce que Mahi réclame pour les musulmans de Belgique, il le rejette catégoriquement pour les homosexuels. Pire, ce défenseur acharné du communautarisme n’hésite pas à retourner les arguments qu’il défend contre les homosexuels lorsqu’il dénonce un communautarisme populiste homosexuel consistant en une entreprise destructrice de l’altérité sexuelle. Au passage, il n’hésite pas à associer l’homosexualité à la pédophilie lorsqu’il regrette que la tolérance de nos sociétés européennes en arrive à légitimer la pédophilie, voire même l’inceste ou encore d’autres perversités. Dans le petit monde de Mahi, l’homosexuel est un individu mercantile ne considérant l’enfant que comme une sorte de marchandise, un objet de consommation par désir égoïste d’adultes homosexuels qui veulent compenser un manque. La banalisation de l’homosexualité est tellement envahissante, insiste Yacob Mahi, qu’on peut se demander s’il ne veut pas les envoyer en prison comme par le passé. Enfin, à l’instar des racistes et des négationnistes face à la pénalisation du racisme et de la négation de la Shoa, il est indigné par la loi incriminant l’homophobie qui n’est, en fait, rien d’autre qu’une forme d’intimidation de la réflexion critique sur l’homosexualité.
En rédigeant ce brûlot, Yacob Mahi a atteint son seuil d’intolérance. Il n’est pas et ne sera jamais dans le camp du progrès. Il a clairement désigné sa place au sein de l’union sacrée regroupant les catholiques traditionalistes, les fondamentalistes chrétiens, les islamistes, tous unis contre les libertés reproductives et sexuelles au nom de la morale religieuse.

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