Il y a maintenant quelques mois, la presse dans son ensemble, tant audiovisuelle qu’écrite, a fait largement écho aux discours prononcés par notre Premier ministre, Elio Di Rupo, par le Bourgmestre de Bruxelles, Freddy Thielemans et avant eux encore, par le Bourgmestre d’Anvers, Patrick Janssens, dans lesquels ces hautes autorités de notre pays reconnaissaient enfin la part prise par les autorités belges de l’époque, tant nationales que communales, à la persécution des Juifs de Belgique et leur déportation vers le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau, pendant la deuxième guerre mondiale.
Ces déclarations étaient attendues et réclamées par l’ensemble du judaïsme belge depuis longtemps et ont fait l’objet de nombreux commentaires. Celui de ces commentaires qui m’a le plus surpris (pour ne pas dire énervé…) faisait état de la grande originalité de ces déclarations, et pour celles des Bourgmestres d’Anvers et de Bruxelles, qu’elles constituaient les premières reconnaissances officielles des autorités communales belges de la part prise par leurs administrations respectives à la persécution des Juifs mise en place par l’autorité d’occupation allemande en Belgique.
Car s’il est vrai que les excuses présentées par le Bourgmestre de Liège, Willy Demeyer, le 2 mars 2010, au nom de la Ville de Liège, à la communauté juive de la Cité ardente, lors de la présentation du livre exemplaire sur la déportation des Juifs de la région liégeoise de Thierry Rozenblum, Une cité si ardente venaient après celles du Bourgmestre de Bruxelles et celles du Bourgmestre d’Anvers, ce n’était pourtant pas la première fois que notre Maïeur présentait ainsi ses excuses à la communauté juive liégeoise !
C’est en effet le 27 avril 2002, dans son discours prononcé à l’occasion de l’inauguration de la plaque commémorative en mémoire du poète juif liégeois, Maurice Federman, que le Bourgmestre de Liège avait reconnu l’implication des services communaux dans la traque des Juifs.
En voici un extrait particulièrement significatif :
« Le devoir de mémoire, mais également d’analyse, est plus que jamais à l’ordre du jour et le travail de recherche des survivants et des descendants des 150 familles précitées, à travers l’asbl La Mémoire de Dannes-Camiers permet de mieux comprendre la mécanique impitoyable mise en place par les bourreaux.La Ville de Liège, en raison de la collaboration des autorités de l’époque, porte une part de responsabilités incontestable dans votre drame, et la nier ressortirait de la malhonnêteté intellectuelle, à tous le moins. Cette cérémonie, et la plaque commémorative qui restera comme témoin de l’irréparable, sera notre contribution au combat contre l’oubli ».
Il me paraissait d’autant plus important de le souligner, qu’aujourd’hui encore, la Ville de Liège manifeste très clairement son soutien à notre action mémorielle en prenant une part active s’il en est dans l’organisation de l’exposition « Liège…Cité docile ? » et dans l’inauguration de « NIZKOR… nous nous souviendrons », le Mémorial des Juifs de la région liégeoise assassinés par les Nazis, tous les deux, basés encore une fois sur le travail de Thierry Rozenblum. Et tout cela, après qu’en 2010, la Ville ait acheté un nombre important d’exemplaires de son livre, cité ci-dessus, pour le distribuer dans toutes les bibliothèques publiques, dans toutes les écoles de la Ville et en faire don, grâce à l’échevin de l’état civil, Jean Géry Godeaux, à tous les fonctionnaires de l’état civil de notre cité ardente.
Liège était et est donc toujours bien à l’avant-garde du combat pour la mémoire.
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