Résumons l’histoire pour ceux qui ne vont jamais au cinéma et sont infoutus de savoir ce qu’est un « réseau social » : il était une fois MarkElliot Zuckerberg, gentil autant que brillant garçon juif à sa maman et fondu d’informatique. En 2003, il entre à Harvard, où, comme tout le monde, il choisit en matière principale l’étude du sexe opposé.
Hélas, il souffre d’un manque grave de sujet(te)s de recherche. Du coup, il a l’idée de créer un réseau de connexion entre étudiants, dans l’espoir de draguer sur une grande échelle. Aujourd’hui, son « Facebook » compte cinq cents millions de membres et notre petit Markelé est milliardaire.
Nu, où est le problème ? Minute, minute, il arrive : au début du film, Zuckerberg a rendez-vous avec une charmante petite bien de chez nous, Erika Albrecht. Il se débrouille si bien qu’il se fait jeter le temps de dire «Chez toi ou… » . Un peu plus tard, notre frustré se rend, avec quelques amis tout aussi juifs et minables que lui, à une soirée où tous tombent en amour devant un groupe de filles asiatiques.
Mais qu’ont elles de si bien, celles-là, je vous le demande ? La réponse dans le film : « Elles sont futées, elles savent danser et surtout, elles ne sont pas juives ». (Et elles font des trucs dans les toilettes qu’une Erica, même pas dans tes rêves, elle ferait).
Baoum ! Début de la polémique. Tempêtes dans les blogs communautaires : « Comment nos garçons osent-ils parler avec un tel mépris des filles de notre peuple ? Comme si on n’avait pas déjà assez souffert ! », tonne l’un. « Mais qu’est-ce que vous racontez ? » rétorque un autre : « Ce n’est pas Zuckerberg qui dit ça. C’est son personnage. Et même lui ne fait que répéter les phrases du scénariste, un antisémite à coup sûr ».
« Pas de chance », relance une cinéphile : « le scénariste, c’est Aaron Sorkin, un autre petit bien de chez nous et qui a su faire son chemin dans la vie : c’est lui l’auteur de films à succès comme « Des hommes d’honneur », « Le Président et Miss Wade » ou du feuilleton « A la Maison Blanche » à la télé ».
« Trop facile, » riposte un autre encore. « Ce n’est la faute ni de Markignou ni d’Aarontchik, le coupable, c’est Hollywood !» Et d’expliquer que le cinéma américain est bourré de stéréotypes (la blonde idiote, la brute au cœur d’or, le Noir si intelligent qu’on dirait un Blanc, etc.), et que ceux sur les Juifs ne manquent pas de raifort.
« Même Robert Redford… »
Le garçon juif a toujours un souci parce qu’il ne ressemble pas, mais alors pas du tout, aux vrais Américains, grands, blonds, riches et beaux. Mais il s’en sort aussi toujours grâce à son sens de l’humour, son intelligence et sa gentillesse naturelle. Woody Allen nique, pardon, bat Sylvester Stallone et nique, pardon, part avec l’héroïne, Scarlett Johansson, genre. (Qui est d’ailleurs une des nôtres, vous le saviez, ça ?)
Passe encore comme stéréotype. Mais ceux sur les Juives, par contre, laissent à désirer : soit elles sont vieilles et ce sont des variantes de l’autoritaire autant qu’envahissante mère juive que nous avons tous eu. Si elles sont jeunes, il y a deux catégories : la J.A.P. (« Jewish American Princess »), mignonne –ou croyant l’être-, riche, gâtée pourrie et aussi superficielle que son gloss à lèvres. Comme Jessica Simpson, voyez ? (qui n’est pas de chez nous, merci, Seigneur) Ou alors, elle est intelligente, brillante, engagée. Et invivable : Barbra Streisand dans « Nos plus belles années », exactement. Que même Robert Redford ne la supporte plus à la fin.
Tu m’étonnes qu’après ces portraits, nos Saul, David ou Salomon courent voir ailleurs. Avant, comme chacun le sait -et le déplorait- ils visaient les shiksès blondes. Mais, avec le féminisme et tout ça, elles aussi ont commencé à se faire des idées au dessus de leur condition. D’où la vogue des Chinoises, Japonaises, Vietnamiennes… qui font que, Mamèlè chérie, tes petits-enfants risquent d’arborer un zizi ambré lors de la circoncision.
Comme ceux que Mark Zuckerberg va bientôt concevoir avec sa future épouse, la délicieuse américano-chinoise, Priscilla Chan…. Ce qui nous laisse avec l’éternelle question qui nous tourmente depuis Moïse et ses Commandements: « Et c’est bon pour les Juifs, ça ? ».
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