Le diner de solidarité du 14 mars 2013 aura porté ses fruits. Au-delà de la volonté de voir l’Athénée Maimonide comme une alternative possible d’enseignement, il aura vu naitre une nouvelle association, « Maimo demain ». Son objectif : repeupler l’établissement. Ce sera juste après le déménagement. Première échéance le 25 juin 2013.
« Chers amis, le moment est venu, l’école Maïmonide à un projet d’avenir solide et concret… Il n’y a pas de plus belle réalisation que celles qui touchent à l’éducation de nos enfants… A nous de jouer »… Vous aurez très probablement déjà lu ce message, diffusé presque en boucle sur Radio Judaïca comme les réseaux sociaux. Il y a quelques mois encore, on prédisait le pire avenir pour l’Athénée Maimonide et voilà que le projet semble prendre un nouveau départ.
Président de « Maimo Demain », l’asbl créée au lendemain du diner de collecte du 14 mars, Daniel Banet est le premier convaincu qu’un maximum de communication donnera toutes les chances au projet de se concrétiser. « Nous étions bien conscients que la seule chose qui pouvait sauver Maimonide n’était pas la soirée elle-même, mais ce qui allait en découler », confie-t-il, « qu’il fallait notamment de nouveaux projets pour se relever et qu’un changement de positionnement géographique était inévitable ».
Le gros souci s’avère en effet bien plus le nombre d’élèves qui fréquentent l’école -on se limitera à dire que le chiffre minimum a été atteint-, que les dettes actuelles auxquelles l’institution doit faire face, « largement couvertes par la valeur du bâtiment », nous rassure Daniel Banet.
L’objectif désormais déclaré de ce nouveau comité d’anciens qui compte bien prendre les choses en main : repeupler l’athénée, ce qui fera directement augmenter les subsides de la Communauté française et l’aide des institutions communautaires. La solution du déménagement, comme incentive, a donc été privilégiée. Elle se déroulera en plusieurs étapes pour montrer qu’un avenir est possible, que le projet pédagogique est bien en phase avec les besoins des enfants, tout en tâchant de limiter les coûts des phases intermédiaires.
Un signal fort
« Voyant que les élèves du cycle secondaire étaient les plus enclins à sortir de l’établissement, sur l’heure de midi, nous avons décidé que la première étape du projet consisterait à les faire déménager seuls, la crèche, les maternelles et les primaires restant au Boulevard Pointcarré », explique Daniel Banet.
C’est le site de l’ancienne école supérieure ECS, rue Beau-site à Ixelles, près de l’avenue Louise, qui a été retenu pour accueillir ce petit monde à partir de septembre 2013, soit pour la rentrée prochaine. « Mais l’option que nous avons prise sur cette maison ne sera confirmée qu’en fonction des réactions obtenues », affirme le président de « Maimo demain » qui garde les pieds sur terre : « Nous ne misons pas que sur les dons financiers, la caution de dix donateurs est moins valorisante que le soutien massif de 1.000 personnes. Nous voulons un signal fort de la communauté pour rendre notre projet crédible ! ».
Et pour ne pas s’arrêter en si bon chemin, le comité se prend déjà à rêver de la seconde étape, « un projet communautaire global qui inclurait dans un projet immobilier commun non seulement une école, mais pourquoi pas aussi le Maccabi, un mouvement de jeunesse, une synagogue, et permettrait la rencontre de la culture juive dans toutes ses composantes. Nombre d’institutions communautaires rencontrent des problèmes financiers et d’infrastructures, pourquoi ne pas nous rassembler ? ».
Avant tout cela, il faudra susciter l’engouement autour de l’Athénée Maimonide en tant que telle, comme une option d’enseignement. « Nous voulons offrir à la communauté juive l’alternative d’une école religieuse, aux côtés d’une école plus culturelle (Beth Aviv) et d’une plus traditionnelle (Ganenou) », poursuit Daniel Banet. « Beaucoup de parents regrettent aujourd’hui de ne plus avoir le choix. On ne peut pas faire fi d’un aspect de son identité sous prétexte qu’on ne rejoint pas ses idées ».
Pratiquement, le bail d’un an de la rue Beau-site pourra être renouvelé pour deux ans, « trois ans étant le timing maximum que nous nous fixons pour donner à l’école un nouveau souffle », estime Daniel Banet. « Nous avons jusqu’au 25 juin pour récolter les fonds nécessaires et rassembler le plus de gens autour de notre projet. Encore une fois, nous ne nous engagerons que si nous avons la garantie de pouvoir au moins couvrir l’année académique ».
L’occupation de deux bâtiments risque en effet de voir certains coûts doublés, notamment en ce qui concerne la sécurité ou l’entretien, « un mal pour un bien, si ces dépenses sont compensées par de nouvelles inscriptions », considère Daniel Banet. « Le niveau pédagogique et le taux de réussite de Maimonide n’ont jamais été discutés, la mixité au sein du judaïsme a toujours fait la force de notre établissement, nous avons toutes les cartes en main pour parvenir à conscientiser la communauté et la convaincre de nous aider à défendre ce pilier de notre identité ». Si tout se passe comme prévu, on devrait bientôt connaitre la date des journées portes ouvertes…
Le Mur des amis de Maimonide, installé à l’entrée du nouveau bâtiment, est prévu pour accueillir plus de 2.000 noms. Pour tout don à partir de 180 €, votre nom apparaîtra sur ce mur. Plus d’infos : www.maimodemain.be
Lire aussi notre interview de Richard Guez, membre du conseil d’administration de l’Athénée Maimonide (21/12/2012)
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