Malgré la violence, l’éducation pour la paix progresse

Approuvée au lendemain de l’accord entre Israël et la Jordanie sur le Mont du Temple -signé le 24 octobre sous l’égide du Secrétaire d’Etat américain John Kerry-, la proposition est un peu passée inaperçue. Et pourtant, le projet de loi porté par le député du Likoud Oren Hazan se présente, lui aussi, comme une tentative de réponse à la poussée de violence et de haine qui s’est répandue dans la région.

Le Parlement israélien a finalement voté ce 28 octobre 2015 cette proposition qui vise à rendre obligatoire pour tous les élèves juifs en Israël l’apprentissage de l’arabe à partir de six ans (soit quatre ans plus tôt qu’auparavant), tandis que les élèves arabes du même âge seraient également tenus d’apprendre l’hébreu dès le cours préparatoire.

« En ces jours où le terrorisme règne et la coexistence est compromise, il est important d’éteindre les flammes et de créer un pont constitué par la langue, la compréhension culturelle et le rapprochement entre les citoyens de l’Etat », a fait valoir Oren Hazan. Ce dernier avait encouragé les députés de tous bords à la Knesset à voter en faveur de son projet, notamment soutenu par le ministre de l’Education et leader du parti « Foyer Juif », Naftali Bennett. Une initiative qui n’est toutefois pas la seule façon de promouvoir la tolérance et le dialogue.

Témoin, le travail de fond entrepris depuis des années par des organismes à but non lucratif, et dont les efforts semblent porter leurs fruits. C’est ainsi que le Centre Peres pour la Paix rapporte cette semaine que ses programmes « d’éducation pour la paix » remportent un succès croissant, y compris dans le climat actuel de vives tensions intercommunautaires. « Nous recevons des demandes en provenance de gens qui ne nous ont jamais approchés auparavant », a confié aux médias israéliens Sivan Hendel, la directrice du département éducation du Centre Peres.

Sise à Jaffa, l’institution propose de nombreux programmes éducatifs, à commencer par « Ponts pour la paix », une formation qui a été dispensée à plus de 500 élèves juifs et arabes ; ou encore « Jumelage pour la paix des écoles de sport », un  programme qui initie à la coopération dans l’univers sportif et inclut des apprentissages linguistiques (hébreu pour les élèves arabes et arabe pour les participants juifs).

Reste à savoir si ces initiatives ciblées seront à même de promouvoir la tolérance à grande échelle et de faire évoluer les mentalités. Car, de toute évidence, certains publics sont plus réticents que d’autres. Un récent sondage d’opinion, réalisé par l’Institut Miskar, a notamment révélé que 85% des Juifs issus du courant « nationaliste religieux » considèrent le secteur arabe musulman comme « une menace existentielle » à long terme pour l’Etat d’Israël ; 66% de l’échantillon estiment que le gouvernement israélien devrait préparer un plan pour encourager l’émigration des Arabes musulmans d’Israël ; tandis que 60% refusent de croire que les Arabes musulmans d’Israël sont opposés aux émeutes et qu’ils souhaitent être partie prenante de la société israélienne.

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