L’asbl Arts et Transmissions vous présente en « création mondiale » une pièce qui promet de tout dire, ou presque, sur les mères et les mères juives. Parce qu’elles sont insupportables et qu’on les adore !
A peine créée par un petit groupe d’amis, l’asbl Arts et Transmissions multiplie les projets. Le premier s’est concrétisé le 18 octobre dernier aux Riches Claires, une lecture publique du texte « Post », écrit par Solange Nebenzahl-Goldwasser à partir des lettres de dénonciations, mais aussi d’incarcération de Juifs à Malines. Une fiction qui a reçu l’aide de la Fondation du Judaïsme et qui pose ces questions : que fait-on de nos archives ? Que transmet-on ? A qui ? Et comment ? Avec l’ambition d’une vraie production théâtrale, jouée par une troupe professionnelle.
Le second projet traite d’un tout autre thème : celui de la mère. Porté par Jean-Claude Grumberg, d’abord, avec son texte Votre maman, « qui m’a inspirée », confie Solange Goldwasser. Ou l’histoire de trois générations : un directeur de maison de retraite, une résidente et son fils. « Un trio très drôle qui m’a donné l’idée d’écrire quelque chose sur nos mères à nous ! », explique-t-elle.
Ce sont neuf textes au total que ses amis, une fois encore, vont écrire. Du vécu, des expériences personnelles, ou pas, des fictions aussi, des souvenirs parfois très drôles, parfois tragiques, souvent très émouvants. « Une mémoire vive qui ressort, avec tous ses travers », décrit Solange Goldwasser, évoquant « A la gare de Merlemont » de Bella Wajnberg, qui retrouve sa mère dans le train, sans pouvoir lui toucher mot, deux jours avant que cette dernière ne soit déportée. « Le bouillon de ma mère » de Foulek Ringelheim vous fera lui mourir de rire, tandis que « Lulu », écrit par Daniel Ginsburg récemment décédé, résonnera d’une tonalité particulière. Le spectacle lui est d’ailleurs dédié.
Un travail collectif, joué par des acteurs amateurs de Bruxelles et Anvers. « Parce que c’est important de réunir ces deux communautés pour partager des moments de plaisir », poursuit Solange Goldwasser. Neuf textes qui nous font retrouver la mère dans toute sa splendeur, « la mère universelle, avec quelques expressions du Yiddish Revival », ou le parfait archétype de la mère juive : dévorante, asphyxiante, et qu’on adore, « la mère qui nous colle à la peau cinquante ans après ! »
Et de reconnaitre le talent de Carole Baillien qui a su mettre en scène ce « témoignage historique », en récréant un cabaret, avec des textes et des musiques « qui parlent à chacun d’entre nous ». « En réalité, elle a tout compris », affirme Solange Goldwasser. « Son travail très intuitif, très imagé et coloré, illustre cette force de vie que nos mères nous ont transmise. Après les textes sur les mères, il a fallu nous gérer nous, les enfants de ces mères qui ont écrit les textes et parfois les jouent avec des attentes particulières. Cela vaudrait presque une pièce à part entière ! ».
Une formidable occasion aussi de se libérer, selon Jo Venet, qui jouera le premier texte inspiré de sa propre histoire. « Il y a un certain tabou autour de la mère, dont on ne peut parler qu’après des années. On a éprouvé énormément de plaisir à partager, à jouer, à répéter et à transmettre. C’est une libération et un hommage à la fois », confie-t-il. « On aime trop nos mères pour les laisser enfouies en nous, il fallait qu’elles sortent », sourit Solange.
Et le sujet ne semble pas épuisé, « il y a encore plein de choses à dire », nous assure la troupe qui vous donne rendez-vous les 27, 28, 29 et 30 novembre 2014 sur la scène du CCLJ.
N’oubliez pas de venir avec vos mères, elles auront des places au premier rang, c’est promis !