Dans Le Monde,* cette analyse du voyage effectué fin juillet en Israël par Mitt Romney, le candidat républicain qui affrontera Barack Obama lors de la présidentielle de novembre prochain.
Ce 30 juillet, dernier jour d’un voyage en Israël, étape d’une tournée internationale censée asseoir sa stature internationale, le candidat républicain à l’élection présidentielle américaine, Mitt Romney, a récolté plus d’un million de dollars auprès de donateurs juifs américains.
Sheldon Adelson, exploitant de casinos à Las Vegas et allié du premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, était notamment présent aux côtés de M. Romney lors d’un petit-déjeuner destiné à lever des capitaux.
Chaleureusement accueilli dans l’Etat juif, l’ancien gouverneur du Massachusetts a, en revanche, suscité la colère des Palestiniens. Il a d’abord eu une rencontre à huis-clos à Jérusalem avec le Premier ministre palestinien, Salam Fayyad.
Puis, le candidat républicain à la présidence américaine s’est rendu devant les murailles de la vieille ville, d’où il a prononcé un discours se déclarant « très ému » de se trouver à Jérusalem, « la capitale d’Israël ».
Ce alors que les Etats-Unis ne reconnaissent pas officiellement Jérusalem comme capitale d’Israël. Leur ambassade, comme pratiquement celles de tous les pays représentés en Israël, se trouve à Tel-Aviv.
Les propos de Mitt Romney lui ont valu des remerciements chaleureux de la part du Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, mais des réactions outrées du côté palestinien. « Les déclarations de Romney portent atteinte aux intérêts américains dans la région, à la paix, à la sécurité, et à la stabilité ».
« Ces déclarations (…) sont inacceptables et nous les rejetons totalement », a critiqué M. Erakat. « Ce que fait cet homme ici, c’est uniquement la promotion de l’extrémisme, de la violence et de la haine. Et c’est totalement inacceptable » a-t-il ajouté.
« Jérusalem-Est est occupé et la solution de deux Etats qui est soutenue par le monde entier, y compris les Etats-Unis et la majorité du peuple israélien, [prévoit que] Jérusalem-Est[soit] la capitale de la Palestine et Jérusalem-Ouest la capitale d’Israël », a-t-il conclu.
Mitt Romney s’est, par ailleurs, montré très offensif sur la question du nucléaire iranien qu’il a qualifié de « menace (…) incomparable et inacceptable » pour « Israël, la région et le monde ».
B. Obama : soutien « inaltérable » à l’Etat juif
« Nous considérons comme inacceptable que l’Iran devienne une nation dotée de l’arme nucléaire », a déclaré M. Romney avant de reconnaître, un peu plus tard « le droit d’Israël à se défendre ».
« Nous devons prendre toutes les mesures pour dissuader le régime iranien de poursuivre sa course vers le nucléaire et nous espérons que des mesures économiques et diplomatiques le permettront. Mais en fin de compte, bien sûr, aucune option ne doit être exclue ».
M. Romney se pose en adversaire farouche de la politique prônée par M. Obama au Moyen-Orient. Vendredi, M. Obama s’est cependant lui aussi livré à une démonstration de soutien à Israël.
Entouré de représentants du lobby pro-israélien AIPAC, il a promulgué une loi renforçant la coopération en matière de sécurité et de défense avec l’Etat hébreu et réaffirmé le soutien « inaltérable » de Washington à ce pays.
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