Si vous l’avez manquée fin novembre, voici une nouvelle occasion de voir la pièce « Dans la peau de Cyrano » le 10 janvier 2017 à 20h30 au Centre culturel d’Uccle. Un formidable one-man-show écrit et joué par Nicolas Devort qui, depuis son premier Festival d’Avignon en 2013, ne cesse de séduire jeunes et moins jeunes. Interview de Marc Kawam qui n’a pas résisté à le faire venir à Bruxelles.
Comment avez-vous découvert cette pièce « Dans la peau de Cyrano » ?
Je suis effectivement entrepreneur au départ, mais je suis aussi un grand amateur de théâtre et je me rends chaque été au Festival d’Avignon où je vois une vingtaine de pièces à chaque fois. Cet été, c’est un peu par hasard, suite à un problème de réservation, que je me suis retrouvé à cette pièce « Dans la peau de Cyrano ». J’en avais entendu parler, car elle avait déjà été jouée l’année d’avant, dans un théâtre qui gageait d’une certaine qualité, c’est en général un bon signe. Après la représentation, j’ai tout de suite pensé que c’était un spectacle à partager, en particulier avec les jeunes.
C’est la première fois que vous décidez de produire une pièce de théâtre. Quelle a été votre motivation ?
Quand je suis sorti de la pièce, j’ai voulu rencontrer l’auteur qui venait à la rencontre du public. Et en l’approchant, je me suis mis à bégayer, comme lui dans la pièce ! J’étais encore sous le choc de voir comment une personne seule sur scène, en une heure et quart, parvient à vous transporter, et sous des allures très légères, à toucher à des problématiques très profondes et très vraies. Le mélange entre le fond et la forme est exceptionnel, avec un acteur, Nicolas Devort, également auteur et co-metteur en scène, qui joue plusieurs rôles et vous fait oublier en 5 minutes qu’il est seul en scène. On en est comme hypnotisé. C’est vraiment une pièce au-dessus du panier.
On peut dire que la pièce a déjà un beau parcours…
Effectivement, elle a déjà été jouée plus de 350 fois depuis sa création à Avignon en 2013. Certains en ont parlé comme d’un « bijou à faire rembourser par la mutuelle » ! Notre première représentation le 28 novembre dernier a attiré 750 élèves et nous en accueillerons autant le 10 janvier prochain. Nous avons pour cette raison décidé d’ajouter une représentation le 9 à destination des publics scolaires, de la 6e primaire à la 1ère secondaire. En sachant que chaque âge a bien sûr une approche et une sensibilité différentes. Pour mon plus grand bonheur, le public adulte semble tout aussi conquis. Les spectateurs ont fait la file pendant plus d’une heure la dernière fois pour faire signer leur livre ! Nous les attendons nombreux le 10 janvier prochain.
Qu’est-ce qui explique le succès de cette pièce ?
Toutes les pièces de Nicolas Devort ont une orientation éducative. Pour cette pièce-ci, l’idée lui est venue alors qu’il animait un atelier de théâtre sur Cyrano dans une école. Il s’est aperçu que plusieurs de ses élèves, en rhéto, n’en avaient jamais entendu parler ! Il a vite compris que le rôle principal devait être un enfant, avec une différence, en effet miroir avec la différence de Cyrano. La question du bégaiement est venue assez vite. Il s’agit d’une pièce à tiroirs que chacun lira en fonction de ce qui le touche, en plus de raconter une histoire, en rendant aussi hommage à Edmond Rostand. Ce qui fait son succès, notamment auprès des jeunes, c’est peut-être qu’elle aborde avec humour et de sensibilité des problématiques qui les touchent : le passage en secondaires, mais aussi les premiers émois amoureux, la différence… et le rôle particulier qu’un professeur peut parfois jouer dans un parcours parfois semé d’embûches. Nicolas Devort a déjà adapté la pièce en anglais et va prochainement la jouer à Dubai. Je suis déjà en contact avec les écoles anglophones pour le faire revenir à Bruxelles !
Mardi 10 janvier 2017 à 20h30 au Centre culturel d’Uccle, rue Rouge, 1180 Bruxelles. Infos et réservations : 02/374.64.84 – www.danslapeaudecyrano.be
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