Après la sortie de son 14e album Love Medicine, la chanteuse israélienne Noa sera en concert le 19 mai 2015 à l’Arenbergschouwburg d’Anvers. Souvent comparée à Barbra Streisand ou Joan Baez, auteure notamment de la version anglophone de la chanson « La vita è bella », « Beautiful this way », pour le film de Roberto Benigni, elle est aussi reconnue pour son engagement pour la paix et a accepté de répondre à nos questions.
Vous êtes à la fois juive, yéménite, israélienne, américaine… L’identité multiple est-elle un atout pour une carrière internationale comme la vôtre ?
Noa Cela dépend à qui vous posez la question (rires). Je pense que l’atout le plus important, pas seulement pour une carrière, mais aussi pour la vie, c’est le cœur et l’ouverture d’esprit.
Avez-vous rencontré des problèmes en tant que citoyenne israélienne ? Comment réagissez-vous face au boycott ?
Noa J’ai connu beaucoup de problèmes oui, d’abord et surtout par mon engagement pour la paix et mon soutien à la solution de deux Etats. Les gens qui sont en désaccord avec moi m’ont insultée et ont tout fait pour me nuire, mais je poursuis ma voie. Le plus regrettable selon moi, c’est l’attitude abusive des mouvements pro-palestiniens, qui manifestent contre moi et font tout pour me blesser, uniquement parce que je suis israélienne, ignorant tout des sacrifices personnels que j’ai faits pour défendre la cause de la paix, une cause qu’ils sont d’ailleurs, eux aussi, censés soutenir. C’est le tragique paradoxe.
Je suis fermement opposée au boycott. Ce n’est pas la bonne manière d’y arriver pour moi. Je suis aussi totalement contre la punition collective, et j’estime que le boycott d’Israël revient à punir toute une population des actions des radicaux, ignorant ceux qui œuvrent pour la paix. Netanyahou punit aussi tous les Palestiniens pour les actes commis par leur frange radicale, en faisant comme si les Palestiniens voulant la paix n’existaient pas. Donc, ironiquement, on peut considérer que BDS et Netanyahou font la même chose. Tous deux affaiblissent le camp des modérés, c’est tout à fait honteux.
Vous êtes marié depuis 22 ans et vous travaillez avec Gil Dor depuis 25 ans. L’union fait-elle la force ?
Noa J’ai rencontré mon collaborateur musical Gil Dor pendant mes études à l’Ecole Rimon de Jazz et de Musique contemporaine de Ramat HaSharon, et nous travaillons en effet ensemble depuis 1990. J’ai fait la connaissance de mon mari, Asher Barak, un été en Israël, alors que je vivais encore à New York, et j’ai décidé de le suivre. Nous avons aujourd’hui trois enfants. Il est pédiatre, c’est lui qui m’a inspiré le nom de ce nouvel album Love Medicine. Je peux dire que je crois à la collaboration et à l’engagement sur le long terme !
Quel partenaire de travail ou de duo gardez-vous en mémoire sur l’ensemble de votre carrière ?
Noa J’ai adoré travailler avec Pat Metheny et son groupe, Steve Rodby et Lyle Mayes. Cela a été un grand honneur aussi pour moi et un vrai plaisir de chanter avec Quincy Jones, Stevie Wonder, Sting et Andrea Bocelli, autant qu’avec les artistes espagnols Joan Manuel Serrat et Joaquin Sabina. Et puis, j’ai eu cette belle occasion de chanter à Bruxelles avec Sarina, une jeune fille adorable et très talentueuse.
Vous avez représenté Israël à l’Eurovision en 2009 avec Mira Awad et le titre « There Must Be Another Way ». Peut-on rester optimiste quant à la situation en Israël ?
Noa Nous avons le devoir de poursuivre notre travail, aussi difficile soit-il… Pour nos enfants.
Que nous préparez-vous pour le 19 mai prochain à Anvers ?
Noa Ca reste une surprise, mais je peux déjà vous promettre un magnifique moment d’émotion !
Arenbergstraat 28, 2000 Antwerpen
Tickets : Arenbergschouwburg.be