Le Centre communautaire laïc juif déplore la décision prise par le conseil d’administration de l’Université libre de Bruxelles (ULB) de reconnaître BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions) comme cercle universitaire.
Cette reconnaissance aux conséquences désastreuses va à l’encontre des valeurs sur lesquelles se fonde l’ULB. Le libre examen n’implique pas que l’on préconise le boycott de professeurs, de chercheurs et d’étudiants du fait de leur nationalité : le boycott académiquevise des citoyens israéliens non pour ce qu’ils pensent, mais pour ce qu’ils sont.Cette dérive discriminatoire permet à des groupes de diffuser en toute impunité leur haine d’Israël et non leur hostilité envers une politique menée par un de ses gouvernements.
Cette décision du conseil d’administration va à l’encontre de la politique de coopération académique menée par l’ULB avec des universités et des centres de recherche israéliens. L’ULB ne peut simultanément mener une politique académique de coopération et de dialogue avec des universités israéliennes tout en laissant se déployer des efforts politiques pour boycotter Israël et ses universités. Tout ce que l’ULB aura à gagner avec cette situation lourde d’ambiguïtés, c’est l’image d’une université impliquée dans un boycott académique et culturel inadmissible.
La reconnaissance du cercle BDS est d’autant plus incompréhensible que les campagnes de boycott académique sanctionnent un secteur d’activités de la société israélienne où les militants de la paix sont particulièrement actifs et nombreux. Le boycott académique ne pénalise en rien les tenants de la politique d’occupation et des territoires palestiniens. Ce type de campagne est non seulement injuste mais complètement contreproductif.
Nous sommes convaincus que la coopération universitaire favorise le dialogue et le partenariat pour la paix. Si des professeurs et des chercheurs israéliens et palestiniens ont maintenu des contacts étroits envers et contre tout pour qu’une véritable coopération israélo-palestinienne soit engagée bien avant qu’un accord de paix ne soit signé, il est regrettable qu’une université belge laisse se développer sur son campus des cercles qui en appellent à une logique diamétralement opposée.
Il ne s’agit pas pour le CCLJ de nier les problèmes engendrés par l’occupation des territoires palestiniens par Israël mais notre longue expérience dans le soutien au camp de la paix israélien nous conduit à condamner vigoureusement toute campagne de boycott qui se traduit en réalité par une tentative de stigmatisation d’un pays tout entier. Stigmatisation qui, par ailleurs, ne contribuera pas à améliorer la vie quotidienne et la situation des Palestiniens.
Henri Gutman, Président du CCLJ
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