Pas de cessez-le-feu en vue

Malgré les appels de l’ONU, Israël et les organisations palestiniennes de Gaza affirment qu’« aucun cessez-le-feu n’est en vue pour le moment ».

« Il est clair que la communauté internationale doit intensifier ses efforts pour mettre fin à cette escalade ». S’exprimant jeudi à New York à l’occasion d’une réunion d’urgence consacrée à la nouvelle crise du Proche-Orient, le secrétaire général de l’ONU Ban Kimoon a appelé le Hamas et Israël à conclure un cessez-le-feu. Dans la foulée, les Etats-Unis ont proposé de jouer à l’intermédiaire entre les deux parties, alors que l’Egypte tente de son côté de paver le terrain à un accord.

Pour l’heure, tout n’est encore que du vent. A la sortie d’une réunion du cabinet restreint de la Défense convoquée à Tel-Aviv, Benyamin Netanyahou a confirmé « qu’aucun cessez-le-feu n’est en vue » et que « d’autres étapes (militaires, ndlr) sont encore devant nous ». Même son de cloche auprès du ministre de la Défense Moshé Yaalon, ainsi que du chef de l’état-major de Tsahal Benny Gantz, pour lequel « l’armée se tient prête à toutes les options ». Y compris terrestre.

De leur côté, les dirigeants des branches politique et militaire du Hamas, qui se terrent quelque part dans des bunkers creusés sous Gaza-city, tiennent à peu près le même discours. « Nous ne cèderons pas et nous sommes prêts à résister des mois s’il le faut », a déclaré Ismaïl Hanyeh, leader gazaoui de l’organisation islamiste, dans un communiqué diffusé jeudi soir. Et de poursuivre : « La résistance s’interrompra lorsque l’ennemi lèvera le blocus de Gaza ». Ce qui n’est pas pour tout de suite…

Sur le terrain, on ne constate d’ailleurs aucun signe d’accalmie. Les bombardements israéliens et les « liquidations » ciblées se poursuivent à rythme soutenu. En trois jours, plus de 900 cibles diverses ont ainsi été détruites. Outre les salves d’artillerie et les tirs de la marine, on compte un raid de F-16 ou d’hélicoptère toutes les quatre minutes et demie en moyenne. Au moment où ces lignes sont écrites, près de 100 Palestiniens ont été tués, dont une bonne partie de civils, et environ 800 autres ont été blessés.

L’opération terrestre ? De plus en plus crédible

Ces frappes provoquent la panique dans la population, mais ne semblent pas affaiblir les Brigades Ezzedine el Kassem (la branche armée du Hamas), les Brigades Al Quds (Jihad islamique), ainsi que les Comités de résistance populaire (CRP) et les autres organisations de moindre importance qui poursuivent leurs tirs sur l’Etat hébreu.

Grâce à ses roquettes « Grad » et missiles « M-75 » de fabrication locale, mais conçus avec l’aide de l’Iran, le Hamas couvre désormais les deux tiers du territoire israélien. Tel-Aviv et Jérusalem sont visées de deux à trois fois par jour. Quant à Haïfa, elle a été prise pour cible dans la nuit de jeudi à vendredi, après que des roquettes eurent été tirées en direction de colonies de Cisjordanie. De Maaleh Adoumim et de Kyriat Arba, entre autres.

Certes, la majorité de ces fusées n’atteignent pas leur cible. Parce qu’elles s’abattent sur des zones désertes ou des champs, mais également car le système « Dôme d’acier » fait preuve d’une redoutable efficacité, même s’il n’est fiable à 100%. Pour le tromper, le Hamas et ses alliés multiplient d’ailleurs les salves massives de 20 à 30 roquettes en une fois. Il y en a donc toujours quelques-unes qui passent, comme ce fut le cas jeudi soir à Ashdod et à Beer Sheva.

Le nombre de blessés israéliens reste cependant limité : environ 80 personnes. La plupart d’entre elles sont tombées en courant vers le « miklat» (abri) et une septuagénaire de Haïfa a été victime d’un infarctus en entendant les sirènes hurler dans la ville portuaire. Mais cela pourrait changer rapidement si Israël décidait de lancer une opération terrestre dans la bande de Gaza. 

Cette hypothèse devient d’autant plus crédible que les unités actives, qui se sont entraînées à cela depuis deux ans, sont déployées sur le terrain, et que les 40.000 réservistes rappelés au début de la semaine sont opérationnels.

A en croire les chroniqueurs militaires israéliens, il ne s’agirait pas d’une invasion destinée à reconquérir la bande de Gaza pour y rester. Plutôt d’une opération limitée dans l’espace et dans le temps qui permettrait ensuite d’entamer des négociations indirectes en vue du retour au calme. Jusqu’à la prochaine fois.

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