Du 9 au 15 mai 2015, une trentaine d’entrepreneurs belges sont en mission économique en Israël. Benjamin Beeckmans, président de la FeWeb, nous propose tout au long de leur séjour un carnet de bord quotidien. Jours 3-4.
Départ tôt ce matin en direction de Jérusalem-Est pour une rencontre avec une dizaine d’entreprises IT et de développeurs palestiniens de Ramallah. Bien que confrontés à une situation politique difficile -un de nos intervenants n’ayant pu franchir le check point à temps-, nous avons été séduits par cette même volonté de se dépasser, d’oser et d’entreprendre qui nous avait plu la veille à Tel-Aviv, Haïfa ou Nazareth. On compte aujourd’hui en Palestine plus de 200 starters qui emploient un total de plus de 10.000 personnes. De nombreux projets informatiques impliquent d’ailleurs des Israéliens et des Palestiniens, si bien que l’on en vient rapidement à se demander si ce n’est pas la technologie au final qui réussira à rapprocher ces deux peuples. En écoutant ces entrepreneurs, on en ressort convaincu que plus il y aura d’interactions, de communication, de prises de risque en commun entre Israéliens et Palestiniens, plus réaliste sera le scénario de voir la paix s’installer. Ce message, nous l’avons entendu également lors de notre repas avec l’Israélien Alan Feld du fonds Vintage Investment Partners, actif dans plus de 4.200 start-up. Au sein de son groupe basé à Tel-Aviv, il encourage régulièrement ses entreprises à faire appel à de la main d’œuvre en Palestine. D’après lui, ce qui manque aujourd’hui, c’est une Success Story évidente mettant en avant une collaboration réussie à grande échelle entre Israéliens et Palestiniens pour faire tomber définitivement les préjugés. Retour dans le bus, direction la vieille ville de Jérusalem, en longeant le quartier juif ultra-orthodoxe de Mea Shearim et les rails du nouveau tram qui parcourt ses quartiers pour arriver face à l’une des sept portes qui s’ouvrent sur la ville. Un rapide tour des murailles nous amène de la Porte de Damas à la Porte des Immondices, où notre guide nous fit pénétrer sur le Mont du Temple, là ou les deux Mosquées d’Omar et El Aqsa surplombent le Mur des Lamentations.
On a beau être féru de technologie et de modernité, l’émerveillement était palpable face à tant de beauté millénaire. Autant Tel-Aviv nous avait séduits par sa vibration contemporaine et trépidante, autant Jérusalem nous a fait vibrer au son du muezzin, des pèlerins portant leur croix le long de la Via Dolorosa ou du jeune Juif orthodoxe qui chantait et dansait au pied du Mur pour fêter son mariage. Quelques rapides photos plus tard, nous nous sommes engouffrés dans les ruelles du quartier musulman, goûtant en chemin des morceaux de halva bien sucrée, pour arriver au Saint Sépulcre, partager la beauté des lieux avec les milliers de touristes qui y défilent et prient, chacun à leur manière, faite de chants, de bougies, d’encens ou de dorures. Un groupe de pèlerins français portant la longue cape blanche frappée de la croix rouge des Chevaliers de l’Ordre de Malte plus tard, nous parcourrons le Cardo, galerie marchande de l’époque romaine qui traversait la ville de part en part. Arrivée enfin à la Porte de Jaffa, nous quittons Jérusalem, tous avec la ferme intention d’y revenir. Demain, nous retournons à Tel-Aviv pour y visiter des incubateurs et des pépinières d’entreprise. Une soirée à la résidence de l’ambassadeur de Belgique serait même au programme…