Ce mercredi 29 mai 2002, animés par une volonté unanime de paix au Proche-Orient et de lutte contre le terrorisme, plusieurs milliers d’Européens, juifs et non juifs, ont défilé dans les rues de Bruxelles, manifestant leur solidarité avec Israël et leur opposition à la montée de l’antisémitisme en Europe. Des délégations venues de toute l’Europe étaient représentées à cette manifestation organisée à l’appel du Congrès Juif européen et des organisations juives de Belgique (Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, France, Grande-Bretagne, Grèce, Italie, Pays-Bas, Roumanie, Russie, Suisse, Tchéquie…).
Rassemblant quelque 10.000 personnes, dont une majorité de Français, la manifestation s’est déroulée dans le calme, avec pour itinéraire, depuis la Grande Synagogue de Bruxelles, la rue de la Régence jusqu’au boulevard de la Petite Ceinture, pour aboutir Place du Luxembourg, face au Parlement Européen. Le défilé était impressionnant, tant par la multitude de drapeaux, israéliens et de tous les pays européens, que par la résolution des manifestants, qui, en dépit de l’indifférence ou de l’hostilité des médias européens envers Israël depuis le début de la seconde intifada, se sont mobilisés pour affirmer leur solidarité avec l’Etat juif et leur opposition à la politique ambivalente de l’Union européenne face au terrorisme palestinien.
Synagogues brûlées, Europe en danger
Premier orateur à prendre la parole durant le meeting en plein air, improvisé sur une place littéralement envahie par la foule, le vice-président du Congrès Juif Européen, Michel Fridman a d’emblée suscité l’émotion générale en clamant au milieu des applaudissements unanimes que, plus jamais, il ne faut voir de synagogues brûler en Europe! Si les Palestiniens veulent un Etat, il doivent abandonner le terrorisme : le déchaînement de haine dont Israël est l’objet aujourd’hui aggrave les souffrances des Palestiniens! Dénonçant la corruption des dirigeants palestiniens, Michel Fridman soulignera les responsabilités de l’Europe qui finance le système éducatif palestinien, fermant les yeux sur le contenu antisémite de manuels scolaires qui, avec les deniers des contribuables européens, distillent une doctrine de la haine, résolument hostile aux valeurs démocratiques de l’Union européenne. Contrairement à l’image qu’en donnent trop souvent les médias en Europe occidentale, il n’y a rien de noble et de beau dans le lâche combat mené par les terroristes! L’ancien ministre, Willy Declercq accusera les chefs palestiniens qui mènent leur peuple à la catastrophe : l’Europe doit s’affirmer dans son soutien à la démocratie israélienne et sa solidarité avec les victimes du terrorisme. Il n’y a pas de place pour le terrorisme et l’enseignement de la haine dans l’ombre du parlement européen, ce lieu de solidarité!
Mobilisation sans précédent
Comme l’a fait remarquer le président du CRIF, Roger Cukierman, cette mobilisation d’une ampleur sans précédent exige des institutions européennes qu’elles répondent aux inquiétudes des Juifs européens. Il faut des sanctions exemplaires contre tous les complices du terrorisme. La montée de l’antisémitisme est bien réelle quoi qu’en disent ceux qui nient cette réalité, prétextant qu’il est dangereux de crier au loup. Le président du CRIF exhortera l’Europe à lutter contre la résurgence des vieux démons antisémites dont est à nouveau victime le peuple juif, le même qui a donné à la civilisation Jésus, Marx, Einstein, et bien d’autres! Militante exemplaire contre l’antisémitisme et pour la défense de la mémoire de la destruction des Juifs par les nazis, Beate Klarsfeld évoquera la Nuit de Cristal, les persécutions dont sont victimes les Juifs depuis l’Antiquité, pour en arriver au «temps des kamikazes». Arafat a refusé la paix. Il est responsable des souffrances du peuple palestinien! Elle mettra en parallèle l’antisémitisme de Hitler et de Staline, pour mieux dénoncer le danger actuel d’une extrême gauche animée par un antisémitisme sournois qui se mobilise pour la Palestine, veut la destruction d’Israël et affirme la légitimité des violences terroristes.
Ancien président du Consistoire central israélite de Belgique, Georges Schnek dénoncera la montée du racisme et de la judéophobie avec l’aide de fonds européens détournés par les autorités palestiniennes pour inciter les jeunes Arabes à la haine et au terrorisme. Et enfin, pour clore cette importante manifestation de solidarité avec Israël, le grand rabbin de Paris, David Messas, récitera avec la foule le Kaddish, à la mémoire de toutes les victimes du terrorisme…