En marge de la désormais traditionnelle Journée internationale de la Femme célébrée le 8 mars, une quinzaine dédiée aux droits des femmes est actuellement en cours sur le campus du Solbosch. Le Cercle du Libre Examen et le centre de planning familial Aimer à l’ULB sont à l’initiative de l’événement, qui se clôturera par un concert le soir du jeudi 15 mars 2012.
L’avortement, les mutilations sexuelles, la place des femmes dans le monde du travail ou dans les médias, la pornographie, la prostitution, les féminismes d’ailleurs… Voilà quelques-uns des thèmes abordés au travers des projections de films, des conférences et des débats organisés à l’ULB pendant cette Quinzaine. En charge au sein du comité du « Librex » des questions liées à la condition de la femme, Flore Dargent a porté ce projet à bout de bras. « Notre démarche ne s’inscrit pas du tout dans un militantisme féministe pur et dur « à poings levés », mais simplement dans la volonté de mettre sur le tapis quelques questions qu’il nous semblait intéressant de poser ou de reposer aujourd’hui. L’idée, c’était de faire en quelque sorte le bilan de la condition féminine : où en est le féminisme à l’heure actuelle, d’où vient-il, et surtout vers quoi va-t-il ? »
Une semaine après l’annulation en dernière minute d’un débat censé revenir sur l’intolérable censure début février d’un débat sur l’extrême droite interrompu dans les circonstances que l’on sait,l’organisation de la première quinzaine de la femme donne enfin à l’ULB l’occasion de redorer son blason en renouant avec la tradition progressiste qui est sienne depuis toujours. A titre personnel, Flore Dargent se dit « scandalisée »par les événements de février. « C’est vrai que je me suis demandée si de tels incidents allaient se reproduire pendant cette quinzaine; si on allait avoir droit à des groupes de prière devant les auditoires où l’on parlerait d’avortement, ce genre de choses… Heureusement, il n’en a rien été. Jusqu’ici, tout se déroule à merveille ». L’organisatrice précise : « Ce ne sont pas pour des raisons politiques qu’on a choisi de ne pas revenir cette fois-ci sur la thématique du port du voile. C’est simplement parce que le sujet a déjà été si souvent et si abondamment débattu qu’on ne voyait pas bien ce qu’on aurait pu encore y ajouter qui ne soit pas une redite ».
En revanche, une grande partie des activités concerne la sexualité des femmes. On est en droit d’interroger la pertinence d’un modèle féministe un peu daté privilégiant encore aujourd’hui cette approche au détriment de problématiques plus récentes que sont par exemple la parité politique ou l’égalité salariale. Mais il ne faut sans doute voir dans cette prépondérance des questions sexuelles que l’empreinte laissée dans le programme par le planning familial Aimer à l’ULB, co-organisateur avec le Librex de cette première Quinzaine de la femme.
Le programme détaillé des activités est disponible en ligne : www.librex.be
]]>