Au centre de la célébration du Seder, il y a le questionnement. Pessah n’est pas une fête comme les autres, elle est une invitation à la réflexion, elle incite grands et petits à se remémorer leur histoire et à l’interroger.
A Pessah plus qu’à n’importe quel moment, toutes les questions sont permises, elles sont même les bienvenues.
La Torah nous rappelle quatre fois l’obligation des parents de raconter et d’expliquer aux enfants l’histoire de la libération de l’esclavage. « Et tu le raconteras à ton fils » est un commandement essentiel puisqu’il relie les générations et rappelle aux parents leur responsabilité dans l’éducation et la transmission. Raconter, s’entretenir avec son enfant n’est pas seulement lui imposer une histoire, c’est une manière de lui permettre de se l’approprier pleinement.
La Haggada nous parle ainsi de quatre types d’enfants, de leur façon propre de questionner et de la manière dont il faut leur répondre.
Il y a tout d’abord le sage, il sait ce qu’il doit demander et n’hésite pas à poser des questions. Il interroge les adultes sur la signification des traditions et des coutumes de Pessah, il est prêt à recevoir plus d’enseignement pour satisfaire sa soif d’apprendre. Il ne demande qu’à être encouragé. Il y a ensuite le méchant, celui-ci connaît les questions, mais refuse de les poser. Il ne se sent pas inclus dans l’histoire de la Haggada, la regarde d’un œil extérieur. A nous de lui faire comprendre que nous avons tous été esclaves en Egypte, que l’histoire de Pessah est aussi son histoire, que nous faisons tous partie d’une communauté. Le troisième enfant est simple, il s’étonne de toute cette histoire, s’en désintéresse, car il ne la comprend pas. Il faudra faire un effort de pédagogie pour lui raconter l’histoire de façon attrayante et lui faire comprendre qu’il a toute sa place dans le parcours du peuple juif. Il y a enfin le quatrième fils, celui qui ne sait même pas poser de questions. Pour ce dernier, il faudra reprendre l’histoire dès ses débuts. Dans certaines interprétations, les quatre fils représentent quatre générations. La première assume son héritage et suit les enseignements du père, la deuxième se rebelle contre ses préceptes, la troisième s’y soumet sans les comprendre. Quant à la quatrième, elle n’est même plus consciente de les ignorer.
L’histoire de la sortie d’Egypte doit être racontée avec patience et le récit doit être adapté à chaque sorte d’enfant. Chacun, du plus sage au plus ignorant, doit en comprendre la portée et le sens profond. Nous devons tous nous considérer comme personnellement sortis de l’esclavage d’Egypte, nous devons envisager la liberté comme notre bien le plus précieux. Un bien qu’il faut chérir et protéger, une valeur que nous devons défendre, pour notre famille, notre peuple, mais aussi pour chaque personne dans le monde qui subit l’oppression.
Pour rester fidèle à ce souci de transmission, le CCLJ propose un Seder de Pessah ouvert à toutes les générations. Un seul leitmotiv : l’histoire de la sortie d’Egypte doit être accessible à tous.
« Souviens-toi que tu fus esclave en Egypte ». Pour se souvenir, il faut comprendre. Et chacun comprend selon son âge, son parcours, ses convictions.
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