Nous, à gauche, nous sommes peut-être, comme ils le disent à droite, des « intellos de salon », des « gauchistes », des « idiots utiles ». Mais nous avons une excuse : c’est génétique ! C’est ce qu’a découvert (*) un groupe de chercheurs des Universités de Harvard et San Diego (Etats-Unis).
Leur recherche a tourné autour du gène DRD4, lequel, comme vous n’êtes pas sans l’ignorer, influence la production de dopamine, ce neurotransmetteur qui régule le principe du plaisir. Dit en français basique, cette dopamine incite les gens à faire des actions qui leur procurent une récompense (plaisir) et à éviter celles qui entrainent une punition (déplaisir).
Or, toujours d’après ces chercheurs, certaines personnes possèdent une variante spécifique du DRD4. Et ces gens-là éprouvent un plaisir aussi certain que régulier à être et à agir en « libéraux » (au sens américain du terme : de gauche). L’environnement dans lequel ils vivent dans leur jeunesse (l’éducation, le fait d’avoir beaucoup d’amis) jouerait également un rôle dans ce processus. Bref, on est de gauche parce que c’est inscrit dans notre ADN…
On entend déjà les réactions de nos adversaires : les gens de gauche sont des anormaux, des sortes de mutants, quasiment des extra-terrestres. Laissons dire en faisant la part d’un dépit bien légitime : si on suit cette étude, être de droite ne leur procure pas le moindre plaisir. Qui plus est, on préfère clairement avoir un gène en plus qu’une case en moins, comme Sarah Palin et ses copains/pines du « Tea Party »…