Pourquoi se gêner ?

En Israël, comme en Belgique, l’Etat accorde des subventions à une multitude d’associations. Et, comme chez nous, il n’y a jamais assez d’argent. Il faut donc choisir, c’est-à-dire exclure. Des choix qui ne sont pas dénués de significations. 

 
Pour 2009,  Israël avait un budget de 400 millions d’euros à distribuer à 3.000 associations. Selon le Ministère des Finances israélien, la répartition s’est faite de la sorte : 53% de cet argent public a été attribué à des institutions appartenant aux ultra-orthodoxes (10% de la population).
 
Le reste a été généreusement partagé entre les associations culturelles et sportives (23%), celles qui s’occupent d’éducation (10%), des rescapés du génocide (7%), etc.  Quelques médias se sont étonnés de ces chiffres, se demandant, entre autres, s’il fallait vraiment verser 10 millions d’euros à une seule yeshiva de Jérusalem. On s’étonne de leur étonnement. 
 
D’une part, les ultra-orthodoxes rejettent à peu près tout d’Israël sauf son argent. De l’autre, ils sont au gouvernement et leur soutien est indispensable au Premier ministre, par exemple dans le nouveau gel des implantations. Tant que le système électoral leur accordera cette puissance exorbitante, pourquoi se gêneraient-ils ?
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