La visite du Président de l’Etat d’Israël, Shimon Peres, semble empêcher de dormir certains hyperactifs de la blogosphère bruxelloise. Ils ne digèrent pas que le recteur d’une université dont Shimon Peres est le docteur honoris causa participe à un dialogue avec ce dernier lors d’une séance académique. A la pointe de cette croisade, Henri Goldman est très prolixe.
Henri Goldman, rédacteur en chef de la revue Politique, se serait-il inspiré du Premier ministre turc Erdogan et son coup de colère à l’égard de Shimon Peres à Davos en janvier 2009 ?
Dans Shimon Peres à Bruxelles I et II (http://blogs.politique.eu.org/Shimon-Peres-a-Bruxelles et ttp://blogs.politique.eu.org/Shimon-Peres-a-Bruxelles-2), deux articles publiés sur son blog, Henri Goldman utilise les termes les plus virulents pour dénoncer la venue de Shimon Peres à Bruxelles ainsi que la présence du ministre belge de la Défense à une séance académique organisée en son honneur par le CCOJB et le Forum d’Anvers.
Mais ses philippiques les plus acerbes sont adressées au recteur de l’ULB, Didier Viviers. Ce dernier assistera à cette même séance académique au cours de laquelle il débattra avec le Président israélien que son université a honoré en lui accordant le titre de docteur honoris causa en 1988.
On peut comprendre qu’Henri Goldman n’apprécie pas l’évolution de Shimon Peres depuis plusieurs années. Ils sont d’ailleurs nombreux en Israël et dans le monde juif à partager ce jugement. En revanche, on peut difficilement suivre Henri Goldman jusqu’au bout de son indignation. Au nom de quoi le recteur de l’ULB n’aurait-il pas le droit d’honorer de sa présence un docteur honoris causa de son université, prix Nobel de la paix par ailleurs ? Si Shimon Peres était à ce point infréquentable, Henri Goldman aurait dû alors militer depuis longtemps pour le double retrait de ces distinctions honorifiques et ne pas jouer les vierges effarouchées lorsque l’ULB assume un acte qu’elle a posé il y a 25 ans.
Mais ce qui est interpellant ne réside pas dans sa dénonciation de cette manifestation mondaine. C’est la manière avec laquelle il construit son argumentation, ou plutôt son argumentaire.
Il place sur le même plan Shimon Peres et son homologue iranien, Mahmoud Ahmadinejad. Cette comparaison douteuse a valu à Henri Goldman de se fendre d’un post-scriptum dans lequel il essaie maladroitement de se rattraper en se réfugiant derrière l’idée selon laquelle le droit international ne reconnaît pas les crimes commis par un régime sur son propre territoire en raison du respect de la souveraineté des Etats !
Ce n’est pas la première fois qu’Henri Goldman dérape et recourt à des amalgames grossiers. Dans un précédant article, « Alost et Copenhague », il compare les banalisations de la Shoah aux caricatures danoises et parisiennes (Charlie Hebdo) de Mahomet. Non seulement Henri Goldman confond un événement historique avec une croyance religieuse, mais il assimile la critique des religions et leurs expressions intégristes au négationnisme. De cette manière, il se fait l’écho d’un Ahmadinejad ou d’un monarque wahhabite souhaitant tous les deux criminaliser la critique des religions, et tout particulièrement l’islam, au sein des instances internationales.
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