Quand le houmous s’en va-t-en guerre…

Que Le Liban soit en conflit ouvert avec Israël soit. Mais le Pays du Cèdre doit-il vraiment pour autant verser dans le négationnisme le plus haineux ?

 
Fallait-il que Fadi Abboud, le ministre du Tourisme libanais se déshonore en niant que le houmous soit un plat israélien ? Et cela avec un argument aussi misérable que « le houmous existait bien avant 1948 » ? Comme si le premier « Livre des Rois » biblique n’abondait pas en descriptions de fêtes royales où tant David que Salomon dégustaient cette délicieuse entrée !
 
Comme si, dans « Jézabel 4.1-6 », la reine maudite ne donnait pas les ingrédients de base de la préparation : pois chiches, huile d’olive, sésame ? On objectera que l’historien israélien Shlomo Tand prétend avoir déchiffré des tablettes cunéiformes établissant que les Rois philistins consommèrent du houmous et de la bière pour fêter la capture de Samson. Mais son antisionisme virulent rend ses découvertes peu crédibles.
 
Quoi qu’il en soit, après une telle agression, Israël a bien dû se défendre : en mars 2008, une unité de cuisiniers d’élite a donc frappé en concoctant 400 kg de purée de pois chiches sur le marché de Mahaneh Yehuda (Jérusalem). Un record immédiatement enregistré dans le « Guinness Book ».
 
Depuis, c’est l’escalade. En octobre 2009, les Libanais ont riposté avec une violence inouïe. Ils se sont mis à 250 pour concevoir un plat de 2.056 kg sur le marché de Saifi à Beyrouth. Mais l’Etat juif n’est jamais plus fort que dans l’adversité. Ni plus uni : en janvier 2010, les habitants juifs et arabes du village d’Abou Gosh ont mené et gagné ce qu’ils ont nommé « la troisième guerre du Liban » : 4.090 kg de houmous.
 
Demain, le taboulé ?
 
C’était compter sans la soif de revanche des Libanais. En mai 2010, ils se sont installés à Kfar Kila, à quelques mètres de la frontière entre leur pays et l’Etat juif. Là, aidés sans nul doute par leurs alliés syriens et iraniens, ils ont confectionné 10 452 kilos de houmous, soit la superficie du Liban en km2 !
 
On en est là. La riposte israélienne se fait attendre suite, semble-t-il, à une dispute sur la superficie à atteindre : faut-il se contenter des 20 770 km² de l’Israël d’avant 67 ou y ajouter les 5 879 km2  de Cisjordanie ? Et pendant ce temps, le conflit risque de se généraliser : le Liban vient d’établir le record Guinness du plus grand taboulé (3,5 tonnes) et menace d’attaquer sur le front du fallafel, du chich taouk voire du chwarma !
 
Ce sont bien sûr des diversions : le but du Liban est en réalité d’obtenir des Européens le statut de « marque déposée » pour leur houmous (comme la Grèce  pour la feta). Des milliards de dollars sont en jeu. Bref, ainsi que l’a déclaré  le représentant du « Guinness Book » au Moyen Orient, « la guerre du houmous sera longue, mais délicieuse »
O.W.
 
Etats-Unis
 
Le houmous libanais ne passera pas !
 
Introduit voici quelques années à peine, le houmous connaît un succès croissant aux Etats-Unis, notamment chez les jeunes.
 
En 2009, le marché du houmous en Amérique du Nord a enregistré une hausse de 78% pour un chiffre d’affaire de 280 millions de dollars. Du houmous essentiellement israélien (de la marque « Sabra »). 
 
Ce succès a suscité l’ire d’étudiants pro-palestiniens de l’Université de Princeton, une des plus prestigieuses du pays. Ils ont d’abord réclamé un boycott du produit. Devant le refus des nombreux amateurs, ils se sont rabattus sur l’obligation pour les magasins du campus de proposer un houmous libanais à coté de celui de « Sabra ».    
 
Ils ont exigé et obtenu un référendum sur la question.  Après une campagne agitée, ils ont été sèchement battus. La purée de pois chiche « made in Israël » -nettement moins chère que sa concurrente, soit dit en passant- restera la seule à flatter les palais étudiants…
 
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